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‘Words of Radiance’, un voyage au long cours

The Way of Kings par Michael Whelan

(c) Michael Whelan

Ceux qui m’ont croisée ces derniers mois m’auront sans doute entendue parler de mon gros chantier de traduction en cours, qui est aussi une forme de record personnel : Words of Radiance de Brandon Sanderson, suite de La Voie des rois (The Way of Kings) et deuxième volet de la série des Archives de Roshar (The Stormlight Archive). Un record, disais-je, car si La Voie des rois pesait dans les mille pages en V.O., Words of Radiance lui est encore supérieur en taille. Quoique je ne sois pas la dernière à insister sur le volume du bestiau (notamment pour râler sur mon absence de vacances cet été), j’ai constaté que les gens s’étonnaient quand je leur apprenais que la longueur du roman n’était pas sa vraie difficulté. D’où l’envie de m’expliquer sur ce point, d’autant plus que je parle rarement traduction sur ce blog.

Quelques mots sur l’intrigue pour commencer. La série raconte l’histoire d’une guerre aux motifs obscurs qui oppose un peuple humain, les Aléthis, à une espèce humanoïde récemment découverte, les Parshendis ; ces derniers ont revendiqué l’assassinat du roi aléthi Gavilar Kholin le soir même où il signait un traité avec eux. Les principaux fils d’intrigue s’intéressent à trois personnages : Kaladin, un esclave envoyé au casse-pipe lors de cette guerre et qui survivra en se découvrant d’étranges pouvoirs ; Shallan Davar, une jeune voleuse qui devient l’élève de l’érudite Jasnah Kholin, la fille du roi, laquelle enquête sur la réalité historique d’événements mythologiques ; et Dalinar Kholin, le frère de Gavilar, ancien guerrier devenu pacifiste et que certains croient fou car il est hanté par des visions du passé. Toutes ces intrigues (ainsi qu’un certain nombre d’histoires secondaires consacrées à d’autres personnages) finissent par se rejoindre, dressant un tableau général des événements tout en confrontant différents points de vue.

Words of radiance

Traduire un livre de cette taille, ce n’est pas l’épreuve inhumaine qu’on attendrait, simplement un autre type de voyage. C’est le volume de travail de trois livres de taille moyenne, mais étalé sur un délai trois fois plus long. Quelque part au cours du processus, le temps se dilate, particulièrement pendant les relectures, la phase qui m’occupe à présent. Arrivé au bout de 300 pages, on songe que l’histoire est encore en train de s’installer là où beaucoup d’autres toucheraient déjà à leur fin. On s’en étonne, mais la tâche ne paraît pas écrasante pour autant, simplement plus lente. Dans le cas présent, j’ai l’avantage d’avoir déjà survécu à La Voie des rois, au prix de pas mal de sueurs froides et d’arrachages de cheveux ; je sais que je peux recommencer.

La difficulté de traduire la série des Archives de Roshar tient à un double facteur : le volume des livres associé au nombre de termes à inventer. Je crois avoir connu l’une des plus grosses trouilles de ma carrière face au lexique de La Voie des rois : une liste de quelques centaines de néologismes, entre les noms de lieux, de plantes ou d’animaux, les termes historiques, mythologiques ou religieux propres à l’univers développé, les systèmes de magie, surnoms des personnages, noms de leurs chevaux ou de leurs épées, et j’en passe. Le tout (et c’est là que l’expérience se corse) sans connaître en détail les tenants et aboutissants de l’intrigue, puisque la série est encore en cours d’écriture. J’ai la chance d’être en contact avec l’assistant de l’auteur, toujours très réactif et parfaitement au fait des moindres détails ; simplement, si je m’interroge sur 500 termes (j’exagère à peine), je ne peux pas le questionner sur tous et il faut me limiter aux plus problématiques.

Roshar-Iri

L’une des particularités de La Voie des rois (nettement moindre sur Words of Radiance où l’intrigue s’est beaucoup précisée), c’est celle de l’entrée dans un univers où toutes les clés ne nous sont pas données d’emblée, à l’image d’un prologue énigmatique qui voit dialoguer des figures mythiques encore inconnues du lecteur. Les fils d’intrigue sont nombreux et mettent parfois en scène des personnages dont le lien avec les autres paraît plus que ténu. Surtout, on est catapulté dans un univers où les éléments culturels, historiques, mythologiques nous sont distillés au compte-goutte, le plus souvent en arrière-plan, sans beaucoup d’explications. Un dialogue peut faire référence à une coutume ou à un événement passé qui nous sera expliqué 800 pages plus tard.

Le problème, en tant que traductrice, est surtout de devoir avancer à l’aveuglette. Je commence à connaître assez les univers de Brandon Sanderson pour savoir qu’il n’est pas avare en rebondissements et révélations difficiles à anticiper. Il me rappelle par moments la capacité qu’avait J.K. Rowling, dans les Harry Potter, à déguiser des éléments d’intrigue essentiels au milieu de digressions amusantes (rappelez-vous le sablier permettant à Hermione de dédoubler ses heures de cours dans Le Prisonnier d’Azkaban). Ici, le moindre détail peut devenir capital ; le problème est que je n’en sais encore rien à ce stade. Il faut constamment questionner, anticiper, chercher les pièges, par exemple quand les chapitres s’ouvrent sur des extraits de lettres dont on ne sait si elles sont écrites par un homme ou une femme, ni si cette personne s’adresse à un proche qu’elle tutoie ou à une personne moins familière qu’elle vouvoie. Le choix des termes, de ce point de vue, est délicat : il faut fixer des néologismes en espérant que les développements futurs de l’intrigue ne viendront pas contredire mes décisions.

Shallan par Michael Whelan

Shallan par Michael Whelan

J’ai connu par exemple une petite frayeur devant un paragraphe de Words of Radiance qui mettait en parallèle deux catégories de personnages aux noms très semblables en anglais : les « Voidbringers » (terrifiantes créatures mythiques que j’ai appelées « Néantifères ») et un groupe baptisé « Dustbringers » dont on ne sait pas encore grand-chose à ce stade et que j’ai nommés « Désagrégateurs ». Les deux termes choisis en français ayant des structures différentes, il a fallu quelques contorsions pour que la phrase qui les compare conserve un sens – mais ça aurait pu être bien pire. Puisque le français ne possède pas la même souplesse que l’anglais, qui peut se permettre d’accoler deux mots pour en créer un troisième, il faut régulièrement s’éloigner de la lettre pour trouver un terme qui sonne juste sans trahir le sens (cas de figure bien connu des traducteurs de SF et de fantasy).

Ainsi, un même mot peut être traduit différemment selon les occurrences. Le plus flagrant est ici « storm », omniprésent dans le récit car le monde de Roshar est balayé par des tempêtes d’une violence effroyable qui influencent aussi bien le mode de vie des personnages que leur langage. « Highstorm » devient ainsi « tempête majeure », les « stormwardens » qui prédisent leur arrivée deviennent des « fulgiciens », et Kaladin, qui gagne le surnom de « Stormblessed » pour avoir miraculeusement survécu à l’une de ces tempêtes, devient « Béni-des-foudres ». Quant à l’interjection « storms! », qui connaît plusieurs variantes, elle est notamment rendue par « bourrasques ! ». Je ne peux qu’espérer que ces multiples variations, souvent nécessaires dans le cours du récit, n’en viennent pas à se contredire lors de développements futurs.

Sketchbook_whitespine

Illustration intérieure : page du carnet de Shallan

Et puis il y a d’autres choix, des choix constants – quelques centaines de termes, dont une majorité heureusement déjà fixée pendant la traduction de La Voie des rois. Des noms de plantes ou d’animaux sont cités sans plus d’explications, parfois transparents et parfois totalement obscurs (d’autant que, dans l’univers de Roshar, l’organique, le végétal et le minéral se confondent parfois ; on croise ainsi des arbres dont l’écorce évoque la pierre). D’autres choix sont plus discrets : fallait-il traduire ou laisser tels quels les « spren », ces esprits qui incarnent des émotions, des forces de la nature ou des abstractions ? J’ai choisi d’en faire des « sprènes », tout comme j’ai décidé d’accorder et de franciser « aléthi(e)(s) » ou « thaylène(s) » alors que « Alethi » et « Thaylen » (qui désignent à la fois deux peuples et leurs langues respectives) étaient invariables en anglais.

D’autres difficultés, encore, sont invisibles ; je bénis les passionnés qui ont créé le wiki Coppermind qui m’a beaucoup aidée lorsque, m’étonnant de ne pas retrouver dans La Voie des rois un terme que j’étais persuadée d’avoir déjà traduit, j’ai compris grâce à ce site qu’il fallait plutôt le chercher dans Warbreaker. D’où l’intérêt de faire traduire les différentes séries d’un auteur par la même personne, à plus forte raison lorsqu’il commence à les relier entre elles, de manière de moins en moins subliminale (son « Cosmère » est mon cauchemar, mais un cauchemar fascinant à explorer).

S’il y a une leçon qu’il faut apprendre pour devenir traducteur, c’est qu’il y aura toujours des erreurs. La traduction parfaite n’existe pas, on ne peut que faire de son mieux en espérant s’être posé les bonnes questions, avoir pris les bonnes décisions. Traduire la série de Roshar m’oblige à un degré supplémentaire dans le lâcher-prise. Il y a aura cinq livres, tous aussi volumineux, et j’avance à l’aveuglette ; les erreurs sont statistiquement inévitables. Je ne peux qu’espérer qu’elles seront invisibles et faciles à rattraper en tricotant quelques bouts de phrases. Arriver au terme du deuxième livre sans catastrophe majeure au niveau des néologismes m’emplit déjà d’une grande joie et d’un grand soulagement. Le voyage n’est pas toujours simple, mais c’est une aventure passionnante.

 

  29 commentaires pour “‘Words of Radiance’, un voyage au long cours

  1. Anne-Marie Merrien
    17 septembre 2016 at 0 h 09 min

    Bonjour, j’ai lu la version anglaise il y a quelque temps déjà et je comprends votre désarroi. Mais quelle que soit la traduction, je connais plus d’une personne qui n’ont pas la chance dd’être bilingue et qui l’attendent avec impatience. Bon courage et faites vite. Les 1 ères traductions étaient très bien.

    • Mélanie Fazi
      20 septembre 2016 at 12 h 36 min

      Merci ! Pour ce qui est de cette traduction-ci, le travail est presque terminé et le livre devrait sortir au printemps prochain.

  2. Antonin Planche
    20 septembre 2016 at 12 h 29 min

    Bonjour. Je salue ce travail qui à dû être particulièrement ardu pour le premier tome, mais tout à fait réussi! L’ambiance et les paysages prenaient petit à petit de la teneur à force de descriptions, d’abord étranges puis devenant très claires, vocabulaire aidant. Comme si on y était!!
    Merci pour ces explications et éclairages!
    Bravo et bon courage pour la suite!! J’ai hâte de me replonger de nouveau dans ces paysages!!

    • Mélanie Fazi
      20 septembre 2016 at 12 h 35 min

      Merci beaucoup ! La traduction est pratiquement terminée. On m’informe que le livre devrait sortir au printemps 2017.

  3. Pierre ROY
    4 octobre 2016 at 18 h 01 min

    Félicitation pour votre travail.
    Je n’avais pas conscience , en lisant ce superbe ouvrage , du travail de traduction / d’imagination nécessaire pour nous faire partager , à nous lecteur français , l’imaginaire de M. Sanderson .
    Je comprend mieux le délai qu’il peut y avoir entre le sortie US et française.
    Passez de bonnes vacances , vous l’avez bien mérité

    • Mélanie Fazi
      4 octobre 2016 at 18 h 49 min

      Merci beaucoup pour votre commentaire ! Concernant les délais, le fait que l’auteur ait plusieurs séries en cours peut jouer aussi. Pour différentes raisons, il se peut que l’ordre dans lequel l’éditeur fait traduire et publie ses livres soit différent de l’ordre de parution, et que certains livres paraissent du coup avec un peu plus de décalage que d’autres, surtout dans la mesure où ils sont traduits par la même personne qui ne peut en traduire qu’un à la fois.

  4. maujard
    20 octobre 2016 at 13 h 42 min

    Bravo à vous et merci pour ce commentaire passionnant ; je vous comprend quel travail de titan ! Vous vous en sortez très bien ! Bon courage nous avons hâte de vous lire…

  5. Hervoan VIDIL
    10 novembre 2016 at 10 h 36 min

    merci pour cette explication.
    au vu de la traduction du 1er tome qui est très agréable et fluide, on ne soupçonne pas la complexité de votre travail. un très grand bravo à vous
    bon courage pour la suite

  6. Waert
    18 novembre 2016 at 20 h 05 min

    Vos explications sont extrêmement intéressantes et m’ont fait prendre conscience du travail monumental auquel vous êtes confrontée. Pour le moment, je peux vous assurer que c’est un véritable régal et il me tarde, comme à beaucoup d’autres lecteurs, de pouvoir lire la suite.
    Y aura-t-il deux nouveaux tomes pour ce second volume ? À quelle date pensez vous pouvoir raisonnablement terminer le cycle complet compte tenu de l’ampleur de la tâche ? 2018 ? 2019 ?
    Merci pour ce travail de grande qualité et bon courage pour la suite.

    • Mélanie Fazi
      15 février 2017 at 16 h 56 min

      Bonjour,
      Désolée pour ma réponse tardive mais je n’avais curieusement pas reçu de notification pour votre message.
      Le deuxième volume sera lui aussi en deux parties, je suis en train d’en relire les épreuves. Compte tenu de la taille du livre, il est difficile de le proposer en un seul tome sans en faire un volume relié, ce qui change totalement le coût et les conditions de fabrication.
      Pour le cycle complet, je ne peux pas vous répondre car la série est censée en comporter dix au total. Donc tout dépend avant tout de l’auteur, j’imagine qu’il lui faudra encore beaucoup de temps avant de venir à bout de la série. En 2018, il est probable que je travaille sur le troisième livre, qui devrait paraître fin 2017 je crois, même si je n’ai pas d’infos plus précises à ce sujet pour l’instant.
      Merci pour vos encouragements !

  7. Hugo
    27 novembre 2016 at 19 h 35 min

    Tres bon travail sur les deux premiers temps tome. J’attend avec impatience la suite 🙂

    • Mélanie Fazi
      27 novembre 2016 at 19 h 37 min

      Merci beaucoup ! La suite est en cours de correction chez l’éditeur, parution prévue au printemps.

  8. Alain
    6 décembre 2016 at 14 h 10 min

    Merci pour nous avoir indiqué une date de parution. Je n’en peux plus de lire et relire « La voie des rois ». Et félicitation pour nous faire une traduction qui nous entraine dans un univers unique et magique

  9. David
    8 décembre 2016 at 17 h 05 min

    Bonjour,

    Vivement le printemps 2017 pour contempler votre travail alors …
    Par contre, savez-vous si « Words of Radiance » sera publié et coupé en 2 livres FR comme « The Way of Kings » ?

    Merci d’avance,

    • Mélanie Fazi
      8 décembre 2016 at 18 h 27 min

      Je ne peux pas me prononcer avec certitude mais je suppose que ce sera le cas : il est difficile sinon impossible de publier en un seul volume un livre de cette taille dans une version brochée, pour des questions de solidité de l’ouvrage. La version poche en langue anglaise est elle aussi coupée en deux (la version grand format en VO est reliée).

  10. Maryse
    11 décembre 2016 at 21 h 39 min

    Bonjour Mélanie,
    Je viens de terminer Words of Radiance en anglais et j’ai offert les deux premiers tomes français à mon frère qui a adoré. Tout au long de ma lecture, je me demandais comment le traducteur/trice – vous en l’occurrence, allait rendre les termes propres à l’univers de Roshar en français. Votre blog a résolu une partie de mes interrogations… Comment faites-vous pour gérer les termes ? Avez-vous créé une liste de type glossaire ou utilisez-vous des outils spécialisés ?

    Merci d’avance 🙂

    PS : Je suis heureuse de savoir que je pourrais offrir Words of Radiance en français au printemps !

    • Mélanie Fazi
      11 décembre 2016 at 21 h 45 min

      Bonsoir Maryse,
      Je me constitue effectivement une sorte de glossaire qui me permet de retrouver les termes quand je traduis les suites (pendant la traduction elle-même, je les ai encore assez bien en tête). C’est indispensable pour une série de cette taille, mais je le fais pour toutes les séries de l’auteur. Au pire, je peux revenir sur les livres précédents pour vérifier l’utilisation de telle ou telle expression. Je n’utilise pas d’outils particuliers, je ne crois pas qu’il en existe vraiment. Pour ce qui est de la création des néologismes, c’est toujours différent d’un cas à l’autre, parfois on a une illumination et on sait tout de suite quel sera le terme, parfois on se casse la tête en jouant avec les synonymes et les sonorités jusqu’à trouver quelque chose qui convienne.

  11. Thomas
    6 janvier 2017 at 21 h 27 min

    Chère Mélanie,
    je fini à l’instant le deuxième volume de la Voix des Rois.
    Je dois avouer que je suis vraiment un amoureux de l’univers de Sanderson et que j’ai lu un bon paquet de ses séries. La traduction de ce premier tome en deux volumes est tout simplement exemplaire. Les choix des néologismes appuient à merveille l’univers et même avec les inconnues que vous avez soulevées, tout est très cohérent. Je suis bien content d’être tombé sur ce billet de blog, ce qui me permet de vous remercier sincèrement pour le travail accompli.
    Bon courage pour les nouvelles traductions à venir, il y en aura d nombreuses !

    • Mélanie Fazi
      28 janvier 2017 at 21 h 28 min

      Bonjour Thomas, désolée de ma réponse tardive mais je ne découvre votre commentaire que maintenant. Un grand merci pour votre retour ! Je viens de terminer la traduction de « Shadows of Self », la suite de « L’Alliage de la justice », et ce ne sera en effet pas la dernière concernant Sanderson.

      • Chrisithar
        19 mars 2017 at 17 h 41 min

        Bonjour Mélanie,

        Je tenais tout d’abord à vous féliciter pour le superbe travail effectué sur le premier tome «  »!
        J’ai l’habitude de lire la version originale en premier puis d’acheter la traduction quand elle sort ensuite (‘ensemble de la série WOT de Jordan et Sanderson par exemple, exception faite évidemment des derniers tomes pas encore traduits). J’avoue avoir été bluffé par votre travail et attends de lire Words of Radiance en français avec impatience.

        J’ai noté dans votre réponse plus haut que la traduction de « Shadows of Self » était terminée, avez-vous alors une idée de la date de parution des nouvelles aventures de Wax et Wayne dans notre belle langue ?

        Enfin, je tenais encore une fois à vous remercier pour le colossal travail abattu, et ne peut que vous encourager devant la tâche non moins importante qui vous attend… Si j’osais je dirais que c’est « Sisyphesque »!
        Pour conclure, je me permets de d’emprunter quelques mots à Anatole France pour vous rendre hommage :
        « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu’on l’aime de toute son âme, et qu’on n’est jamais tenté de lui être infidèle. »

        • Mélanie Fazi
          19 mars 2017 at 22 h 09 min

          Bonjour, et merci pour votre retour ! Je ne connais pas encore la date de sortie française de Shadows of Self, je peux simplement vous dire qu’il est en cours de correction. Mais de manière générale, même dans l’hypothèse où je connaîtrais à l’avance les dates de sortie, je ne peux pas communiquer dessus avant que l’éditeur ne l’ait annoncé de son côté. Le plus simple reste encore de consulter le site du Livre de Poche pour voir ce qui est annoncé.

          • Chrisithar
            22 mars 2017 at 1 h 21 min

            Merci beaucoup pour l’information, effectivement je vais regarder ça!

            Et encore félicitations pour votre travail!

  12. Will
    12 février 2017 at 15 h 38 min

    Bonjour Mélanie,
    Étant un grand fan de BS et ayant lu et relu les deux tomes des archives de roshar en anglais, je m’apprête aujourd’hui à acheter la voie des rois en français afin d’être certain de n’être passé à côté de rien d’important.
    Je suis tombé sur votre blog en faisant quelques recherches sur vous, « qui donc peut être assez fou pour se lancer dans la traduction de ces encyclopédies ? » et c’est avec surprise que j’ai lu votre article. Je n’ai pas encore lu la traduction mais vous avez déjà mes remerciements et félicitations, parce que j’imagine à peine à quel point ça doit être difficile ! Merci de donner de votre temps et de permettre aux non-billingues de profiter de ces ouvrages ! Bon courage pour la suite, nous sommes derrière vous 😉

    • Mélanie Fazi
      15 février 2017 at 16 h 53 min

      Merci beaucoup pour votre message et vos encouragements !

  13. Danaé
    17 février 2017 at 12 h 48 min

    Bonjour, votre travail est formidable, les deux premiers livres sont très fluides et personnellement je trouve les termes très bien choisis, c’est d’ailleurs amusant de voir la réflexion qu’il y a derrière la simple injonction ‘bourrasque!’. Mais je me demandais ce qu’il est était de la traduction du titre, par ce que pour le coup je ne vois pas le lien entre ‘Stormlight’ et ‘Roshar’.
    Merci pour cet article très intéressant en tous cas !

    • Mélanie Fazi
      17 février 2017 at 21 h 24 min

      Merci à vous ! Le titre de la série a été choisi sur une suggestion de l’éditrice car nous ne trouvions pas de traduction littérale. Le terme « Stormlight », qui m’a donné du mal, est traduit par « Fulgiflamme » dans le roman et n’aurait pas forcément très bien sonné dans une traduction littérale de l’expression. D’où le choix de faire plutôt référence au monde de Roshar où se situe la série. J’aurai aimé coller au plus près mais c’était compliqué dans ce cas précis.

  14. Céline
    25 février 2017 at 13 h 17 min

    Le monde de la traduction me fascine de plus en plus ces derniers temps et c’est toujours époustouflant d’entrevoir le travail qui est fait et toute la réflexion qu’il y a derrière. Merci beaucoup pour cet aperçu du travail que ça demande ! (et heureuse d’apprendre la parution prochaine de Words of Radiance en français et la traduction de Shadows of Self que je viens de commencer à lire en VO !)

    Lorsque vous vous attelez à la traduction d’un livre de cette taille et avec des termes aussi compliqués, comment envisagez-vous sa traduction ? Parce que j’imagine que tous les néologismes voient leur sens se densifier au fil des contextes dans lesquels on les retrouve…

    • Mélanie Fazi
      19 mars 2017 at 22 h 07 min

      Merci pour votre message. La date de sortie française de Words of Radiance a été annoncée entre-temps, il sortira le 10 mai sous le titre Le Livre des Radieux.

      Pour ce qui est de la traduction des néologismes, j’ai tendance à procéder au cas par cas. Pour certains, la traduction s’impose très vite, pour d’autres le sens est moins clair ou la traduction moins facile à trouver. Il arrive que je trouve la traduction de certains néologismes tout à la fin du processus. Parfois ça nécessite des recherches, des jeux sur les synonymes ou des questions à l’assistant de l’auteur pour vérifier le sens exact, et parfois c’est beaucoup plus simple. Et dans certains cas, la sonorité est aussi importante que le sens. Sur le premier volume, il m’est arrivé d’interroger l’assistant de l’auteur sur le sens de certains termes qui apparaissaient sans être clairement définis, pour être sûre de ne pas les interpréter de travers. Il n’y a pas vraiment de méthode globale ni de démarche très réfléchie, chaque néologisme est un cas particulier que je vais résoudre au fur et à mesure.

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