Blog : septembre 2014

Le jardin et la clé

 

lejardindessilences

Et voici, devant vos yeux éblouis, la couverture créée par Fabrice Borio pour mon recueil Le jardin des silences qui paraîtra le 22 octobre. Fabrice était déjà responsable de l’habillage des deux recueils précédents dans leur version Bragelonne (couverture noire pour Serpentine, blanche pour Notre-Dame-aux-Ecailles). Vous n’imaginez pas à quel point je suis impatiente d’en voir le rendu sur le livre lui-même. Ça approche de plus en plus.

Parmi les autres actus récentes, le site du festival Court-Métrange de Rennes vient de dévoiler le programme ainsi que la composition du jury dont je ferai partie, présidé par Lars Lundström, créateur de la série Real Humans. Je serai sur place du 16 au 18 octobre inclus.

Et la revue Bifrost vient d’annoncer le sommaire de ses prochains numéros, avec notamment un dossier qui me sera consacré en janvier 2015. Nouvelle qui me touche particulièrement puisque j’ai toujours adoré lire les dossiers d’auteurs dans Bifrost. Il comprendra une nouvelle inédite, intitulée “La clé de Manderley”, ainsi qu’une longue interview menée par Richard Comballot et illustrée comme il se doit par tout un tas de photos d’enfance compromettantes. Avoir son propre dossier dans Bifrost vaudrait pratiquement le coup rien que pour le plaisir de trier les photos qui feront ricaner les gens comme j’ai ricané devant celles des collègues qui m’ont précédée. Puisque la question m’a déjà été posée, le titre de la nouvelle fait bien référence à Rebecca (ici le film de Hitchcock plutôt que le roman de Daphne du Maurier). Pour le reste, rendez-vous en janvier.

Post navigation


(…)

( )

Plus je vieillis et plus je prends en horreur les éloges funèbres. On ne peut pas résumer en quelques phrases bien nettes le tourbillon d’émotions compliquées qui vous prend à l’annonce de la mort de quelqu’un, parce qu’il n’y a jamais uniquement de la tristesse comme on voudrait le croire, et parce que ce tourbillon-là, après tout, ne regarde que nous. Mais je vois mal comment je pourrais ne pas parler ici de Graham Joyce. Ne serait-ce que parce que mes douze années de traduction n’auraient pas été les mêmes sans lui, et qu’après Lignes de vie plus rien n’a été pareil. On ne partage pas plusieurs mois de sa vie avec un roman comme celui-là sans grandir un peu au passage.

Les souvenirs qui remontent après l’annonce sont toujours surprenants ou incongrus : une chanson de Kate Bush qui me tourne dans la tête parce que Graham était fan et que nous avions eu une conversation de groupies dans un train Paris-Arras en compagnie de l’équipe Bragelonne ; une improbable fête de lancement virtuel sur son mur Facebook pour son dernier roman, paru pendant sa maladie ; une soirée de fous rires ininterrompus lors d’un repas mémorable à Bruxelles vers 2001 avec d’autres amis traducteurs et auteurs ; et puis un moment que j’avais oublié, le même jour ou la veille, je venais de le rencontrer sans l’avoir jamais lu ou si peu, et lors de ma toute première table ronde qui se passait plutôt mal, je m’accrochais au regard bienveillant de Graham, au premier rang du public, qui percevait visiblement que je me décomposais de trouille derrière cette table.

Le reste n’appartient qu’à moi et je n’aurais pas les mots pour le décrire. Le monde vient de perdre un écrivain unique, c’est une putain d’injustice, ça l’est toujours, mais celle-là est amère. Je connaissais moins le bonhomme que l’écrivain, je crois que c’était quelqu’un de bien, et je prends à peine conscience de la dette que j’avais envers lui.

Restent ses livres. C’est peu et immense à la fois. J’ai eu le privilège d’être sa voix française pour quatre d’entre eux et c’est un des plus beaux cadeaux qu’on m’ait faits dans ce métier.

Post navigation


Attention : travaux

Attention : travaux

D’ici quelques semaines, ce blog est appelé à déménager. Si tout se passe comme prévu, il devrait être intégré à mon tout nouveau site en cours de fabrication, l’ancien site, créé fin 2005, ayant fait son temps. La date de lancement du site est encore floue, mais il devrait être opérationnel avant la sortie du Jardin des silences prévue pour le 22 octobre.

Quant au recueil lui-même, la phase des corrections est terminée (comme en atteste cette photo de mon assistante en plein travail) et je devrais bientôt pouvoir dévoiler la couverture finalisée. Ce n’est rien de dire que je suis impatiente de vous la montrer.

À J-40 et des poussières, je redécouvre le mélange de surexcitation et d’appréhension qui précède la sortie d’un nouveau livre, le moment où son existence devient quasi palpable mais où son histoire particulière n’est pas encore écrite.

Avant même avant la date de sa sortie, octobre sera un mois bien rempli. Du 16 au 18 octobre inclus, je serai à Rennes pour participer au festival Court-Métrange en tant que membre du jury – une nouvelle expérience à ajouter à la liste des choses à tester au moins une fois dans ma vie. Le week-end du 25 et 26, ce sera au tour du festival Scorfel (rappelez-vous, celui où l’on dessine des Pyramid Head kawaï sur les nappes). Et du 30 octobre au 1er novembre, je ferai un passage aux Utopiales de Nantes.

Côté écriture, une longue nouvelle a vu le jour pendant l’été, qui devrait si tout va bien paraître début 2015. Et un projet collaboratif assez particulier, étroitement lié à la musique, et dont je ne peux évidemment pas encore parler, devrait pas mal m’occuper cet automne entre deux traductions et deux salons.

J-40 et des poussières. Le compte à rebours continue.

Post navigation