
Pénélope et Circé, mes reines !! Sans doute les deux personnages qui m’ont plus marquée dans cette splendide Odyssée. On reproche parfois à Christopher Nolan de faire un cinéma trop cérébral voire abstrait, mais il y a ici le souffle épique nécessaire et de vrais moments d’émotion, notamment dans la partie consacrée au retour d’Ulysse à Ithaque.
Si les sirènes m’ont un peu déçue, j’étais assez impressionnée par un Polyphème bien flippant qu’on croirait sorti tout droit des Backrooms (et j’ai su que j’avais trop joué à Hades 2 quand je l’ai imaginé en train de dire « Je vais faire une petite sieste »). Tout le passage sur Circé est bluffant, à la fois par l’interprétation hantée de Samantha Morton et par une représentation très originale de sa magie.

Tout le casting est parfait, Anne Hathaway est une incroyable Pénélope, elle porte sa souffrance, sa colère, sa dignité et son inhumaine patience avec une justesse magnifique. Robert Pattinson est tellement détestable qu’on attend presque aussi impatiemment de le voir se faire dézinguer que de voir Pénélope retrouver son homme. Matt Damon est un très bel Ulysse rongé par le remords, et Elliott Page est touchant en jeune soldat sacrifié.
Malgré quelques longueurs, c’est vraiment un beau spectacle qui nous rappelle combien ce mythe a pu nous faire vibrer depuis l’enfance dans ses différentes incarnations. Et j’en ressors, si j’ose dire, heureuse qui comme Ulysse a fait un beau voyage de trois heures.