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Llorando de cara a la pared

 

L’année commençait bien, la semaine commence mal : par la nouvelle de la mort de Lhasa de Sela, à 37 ans, d’un cancer du sein. Lhasa dont j’ai tellement écouté La Llorona et The Living Road et que j’ai eu la chance de voir deux fois sur scène. J’avais une place pour un troisième concert l’an dernier, annulé « pour raisons de santé ». J’aimais le personnage, la lumière qu’elle dégageait sur scène et les petites histoires qu’elle racontait entre deux chansons. J’aimais sa voix belle et grave, la justesse et la mélancolie de ses textes, et aussi son sens de l’auto-dérision, comme dans « La Confession » (« Je me sens coupable parce que j’ai l’habitude/C’est la seule chose que je sais faire avec une certaine certitude »). Elle fait aussi partie des (nombreux) artistes à m’avoir fourni des petits ou grands déclics d’écriture – dans ce cas précis, pour « La danse au bord du fleuve », dans Notre-Dame-aux-Ecailles, dont une scène m’était venue au retour d’un de ses concerts, alors que la chanson Anywhere On This Road me tournait encore dans la tête. Le personnage d’Alma était en partie inspiré par elle.

 

Dans Mémoires d’un maître faussaire, Graham Joyce alias William Heaney écrivait : « When someone dies – someone you love – the world is a changed place. A distinctive light has gone out of the world. Nothing puts the world back as it was. » Comme pour Robert Holdstock il y a quelques semaines (que je n’avais rencontré qu’une fois mais qui m’avait fait forte impression), je trouve ces mots particulièrement justes.


 

 

 

 

Sur une note pas tellement plus légère, j’ai commencé hier soir la lecture de The Virgin Suicides de Jeffrey Eugenides et je me reprends en pleine figure tout ce qui m’avait marquée dans le film de Sofia Coppola, qui en est une adaptation très fidèle dans l’intrigue comme dans son ambiance quasi onirique. Il y a quelque chose de fascinant dans l’obsession de ces garçons pour ces cinq sœurs qu’ils ont si peu connues et que la mort va figer dans le mystère. Quelque chose de poignant et de très bien vu, aussi, dans la vision de l’adolescence qui transparaît entre les lignes. Le film m’avait rappelé mon soulagement d’être enfin sortie de tout ça. Le livre me fait le même effet.

 

 

 

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450D et autres dédicaces

 

Quelques dédicaces pour terminer décembre, et l’année en même temps…

 

À Bruno, qui râlait que je délaissais ce blog et me disait qu’il ne connaissait de Suzanne Vega qu’une seule chanson – qui était forcément Luka. Ni la meilleure, ni la plus représentative, donc (même si je trouve le texte particulièrement touchant).

 

À Daylon, Patrick, Jérôme, Bertrand, Micky, Benoît, Vinciane et Anne-Hélène (en espérant que je n’oublie personne) pour leurs conseils en matière de photos et leur quasi unanimité sur l’objectif idéal pour démarrer avec mon reflex tout neuf. Ce sera donc le combo Canon 450D + 50mm f 1.8, mais certains d’entre vous le savaient déjà. J’ai l’appareil depuis Noël et l’objectif depuis quelques heures.

 

À Aurélie, qui m’avait donné le lien d’un site de stickers muraux où j’avais beaucoup traîné quand je réfléchissais à la déco de ce qui était encore mon futur appartement. Ils sont quasi impossibles à poser sans laisser un ou deux plis ou bulles d’air, mais j’adore le rendu.

http://i50.tinypic.com/14w8tqh.jpg

http://i46.tinypic.com/sw661x.jpg

http://i49.tinypic.com/1hcvuv.jpg

D’aucuns me feront remarquer que je ne me renouvelle guère en matière de reportages animaliers, mais c’est le seul modèle que j’aie sous la main. Pour l’instant, vous avez le choix entre mon chat sous tous les angles, mon appart sous toutes les coutures ou Noël en famille. Je ne devrais pas tarder à trouver d’autres sujets, mais c’est plutôt un temps à rester tranquillement chez soi. (Aparté qui n’a quasi rien à voir, si ce n’est une association d’idées avec les infusions citron/gingembre que j’avais découvertes à Londres et que j’adore par ce temps-là : vous le saviez, vous, que le WH Smith de la rue de Rivoli avait ouvert un coin « épicerie anglaise » – dixit celle qui vient de s’y ravitailler en infusions, crackers, Cadbury, wine gums, Dr Pepper et autres vices plus ou moins avouables ?)

 

Quant à ce blog, je ne garantis pas de le remplir plus souvent l’an prochain – je crois que mon rapport au blog est en train de changer tout doucement, comme pas mal de choses depuis quelques mois. Facebook y est sans doute pour beaucoup, avec ce côté plus immédiat qui colle plus à mes envies du moment. Je crois que je m’interroge aussi sur le rapport entre ce qu’on choisit de montrer ou pas sur un blog, et je n’ai pas encore les idées très claires à ce sujet. Et puis j’ai trop peu lu, trop peu écouté de musique et vu de films pour partager ici ce genre d’enthousiasmes.

 

Par contre, il y aura peut-être un peu plus d’actualités concernant l’écriture. Elle est revenue au moment où je m’y attendais le moins. Le résultat est une nouvelle assez courte intitulée « Neé du givre », écrite pour une anthologie dont je parlerai le moment venu. D’autres images me tournent en tête sans que je sache quel sens leur donner, mais elles reviennent trop souvent depuis cet été pour que je n’aie pas la certitude de finir par en faire quelque chose. Je ne me presse pas : ça viendra quand ça viendra. Le fait d’avoir déjà éliminé l’étape du « premier texte écrit dans mon nouvel environnement » est un soulagement, même si le texte en question n’a pas du tout pris la tournure à laquelle je m’attendais.

 

En 2010, il y aura aussi quelques salons, et puis une actualité : la ressortie en poche de Serpentine chez Folio SF, suivi un peu plus tard d’Arlis des forains. J’ai vu un essai de couverture pour Serpentine qui serait, a priori, la définitive : tout ce que je peux dire, c’est qu’elle déchire. J’ai hâte d’avoir ce livre-là entre les mains.

 

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon réveillon, et une excellente année 2010. À l’année prochaine !

 

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Utopiales en sépia

 

Où l’on rentre de Nantes avec le cerveau légèrement ramolli par le manque de sommeil et la consommation de bière/champagne/Lagavulin/rayer mention inutile. Ces Utopiales où j’allais en touriste, essentiellement pour voir les collègues et les amis, m’ont laissé un souvenir nettement meilleur que les éditions précédentes. Impression partagée par d’autres personnes, apparemment. J’y ai retrouvé une ambiance plus conviviale et chaleureuse qui m’avait un peu manqué les années d’avant. Notamment lors d’une soirée du samedi qui s’est terminée dans un bar où les groupes se sont brassés un peu plus qu’à l’ordinaire et où tout le monde avait l’air tout simplement heureux d’être là.

 

 

 

(Un grand merci à Jérôme Lavadou pour la photo.)

 

Quelques souvenirs en vrac : les signatures à la chaîne d’exemplaires de l’anthologie 69 sur le stand d’ActuSF, notamment pour les précommandes – à la chaîne et enchaînée à Francis Berthelot qui publie lui aussi un texte dans l’antho (il y a des compagnies nettement plus désagréables en dédicace). Une improbable rencontre du troisième type avec un Bernard Lavilliers aperçu dans le hall d’un hôtel en fin de soirée. Un trajet aller en train où j’avais emporté comme lecture de voyage Le Haut-Lieu de Serge Lehman pour m’apercevoir ensuite que ledit Serge Lehman était installé juste derrière moi. L’extinction de voix que je traînais depuis une semaine et qui me faisait parler comme Marianne Faithfull – pas très pratique pour les interviews et les soirées dans des bars un peu bruyants. Notez que c’est tout de même insolite d’avoir plus de voix en rentrant de ce genre de festivités qu’en y arrivant. Le plaisir de voir le Grand Prix de l’Imaginaire remis à Stéphane Beauverger pour son Déchronologue dont tout le monde me disait le plus grand bien et qui est effectivement un sacré bouquin : un roman de pirates où le temps s’emballe et se détraque, où les chapitres se succèdent dans un ordre « déchronologique » sans jamais perdre le lecteur.

 

Et puis, comme récemment à Londres, le plaisir de me remettre à la photo, cette fois pour des portraits plutôt que des lieux. Si les trois quarts sont en sépia, ce n’est pas que je me daylonise (je suis de toute façon très loin d’arriver à la cheville de Daylon pour ce qui est des portraits), plutôt une astuce pour contourner le problème posé par le manque de lumière et les limites de mon G9. D’où des ambiances parfois un peu brumeuses (qu’on peut toujours appeler « flou artistique » pour se donner un genre), mais il y a quelques photos dont j’aime beaucoup le rendu. Cela dit, l’idée de passer au réflex me travaille de plus en plus.


 
Thibaud Eliroff

Francis Berthelot

Les inséparables de nooSFere : Bruno Para et un bout de René-Marc Dolhen

Joëlle Wintrebert et Hélène Ramdani

Hélène Ramdani, toujours elle, montre les dents

Célia Chazel

David Calvo en train de parler de jeux vidéo (le peu que j’en ai entendu avait l’air passionnant).

And now for something completely different… Une chanson qui me tourne dans la tête depuis vendredi soir. Spéciale dédicace à RMD et à Bruno Para.

 

 

 

 

 

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Brève de 69

Je devais au départ rédiger une note de blog plus longue, où je vous aurais entre autres causé de la reprise du boulot et de mes lectures récentes (notamment Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables de Serge Lehman que je trouve assez ébouriffant) mais le temps m’a manqué. Entre deux préparatifs pour les Utopiales de Nantes où je serai à partir de jeudi après-midi, je vous recopie donc telle quelle la présentation de l’antho 69 d’ActuSF/Les Trois Souhaits où je publie une nouvelle, « Miroir de porcelaine » (titre suggéré par l’anthologiste Charlotte Volper alors que je galérais pour en trouver un) et qui devrait être disponible en avant-première aux Utopiales :

L’anthologie 69 (sous-titrée SFQ) sort officiellement le 2 novembre. Mais nous proposons à ceux qui la pré-commande une dédicace d’une bonne partie des auteurs présents au sommaire.

L’antho est en prévente à cette adresse : http://www.editions-actusf.com/?article142
La préface est en ligne ici : http://www.actusf.com/spip/IMG/pdf/PrefaceAntho69.pdf

Daylon, l’un des co-auteurs a mis à disposition sa nouvelle gratuitement sur le Net, sur son blog collectif le Moonmotel : http://www.moonmotel.fr/antho69/

La 4e de couv’: 

Des êtres synthétiques soumis à nos désirs, de l’orgasme en capsule, la radiographie du plaisir. Nos futurs nous réservent des fantasmes inédits et mystérieux…

Douze auteurs soulèvent le lourd rideau des tabous pour emprunter la voie des sens et mieux affoler les nôtres.

Sur ce, à très bientôt au bar des Utopiales pour ceux qui y seront !

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