Pas trop envie de rédiger d’entrées longues et détaillées en ce moment – entre autres choses, je suis en train d’accélérer sur ma traduction actuelle pour compenser le petit retard que j’avais pris sur la précédente, donc ça m’occupe pas mal. Comme je ne suis de toute façon pas d’humeur très sociable et pas très branchée sorties en ce moment, ça tombe bien. Le fait qu’il s’agisse d’un autre roman de Kelley Armstrong, le quatrième que je traduis, aide pas mal aussi : c’est toujours aussi agréable à lire et à traduire, et le côté « enquête surnaturelle » présent dans Industrial Magic tient suffisamment en haleine pour me faire avancer plus vite (comme je connais déjà bien la série, je n’ai pas lu le livre avant de commencer la traduction).
Ça fait un moment que je me répète qu’il faudrait remettre mon site à jour mais j’ai un peu la flemme, surtout pour la partie « Album photos » qui prend plus de temps que ça n’en a l’air. Peut-être ce week-end, si j’arrive à me bouger un peu. En attendant, quelques news en vrac…
J’avais déjà signalé une interview en deux parties enregistrée pour l’émission d’Eric Vial sur Fréquence protestante. La deuxième partie sera en ligne encore quelques jours sur cette page (cliquer sur « Science Fiction »). On y entend notamment Eric Vial faire une lecture de ma nouvelle « Emily », qui est en ligne sur mon site.
Plus énormément de signatures et salons dans les semaines et mois à venir, mais je participerai le 13 décembre au Festival de Sèvres comme les années précédentes (plus de détails ici) et également le 2 décembre à une table ronde sur le thème « Que sont les monstres devenus ? » à l’Ecole Estienne (18 boulevard Blanqui, Métro Place d’Italie) à partir de 18h avec Charlotte Bousquet, Sire Cédric, Justine Niogret, Nicolas Cluzeau et Jean Marigny (j’espère n’oublier personne). J’aurais dû l’annoncer plus tôt mais je ne m’étais pas rendu compte que la date était si proche – pour l’instant, j’ai du mal à me projeter au-delà de la fin du mois, sans doute pour cause d’anniversaire imminent (déjà 32 ans, ça va trop vite).
À la fin du mois, d’ailleurs, je rappelle qu’il y aura à la librairie Scylla (8 rue Riesener) une signature de Christopher Priest à l’occasion de la ressortie de son roman Le Glamour (qui s’appelait précédemment Le Don) dans une nouvelle traduction de Michelle Charrier. J’ai un très bon souvenir de ce livre lu il y a quelques années. Pour ceux qui ne connaissent pas Christopher Priest, c’est l’occasion de découvrir – ses bouquins sont passionnants (j’ai un gros faible pour Le Prestige, roman assez vertigineux adapté par Christopher Nolan au cinéma) et le monsieur est adorable. Moi, en tout cas, j’y serai sans faute, d’autant que ça fait un moment qu’on n’a pas croisé Christopher Priest aux Utopiales de Nantes où il était venu plusieurs années de suite.
Et je profite de cette entrée bric-à-brac pour signaler la sortie d’un petit livre que j’ai sous la main mais que je n’ai pas encore eu le temps de lire. Ceux qui suivaient de près les parutions de l’Oxymore se rappelleront sans doute les textes de Lélio, qui avait publié entre autres le recueil Douze heures, du crépuscule à l’aube. J’avais été très impressionnée par sa plume et notamment par sa nouvelle « De la noirceur de l’encre ». Elle vient de publier, sous le nom de Yaël Assia, un petit recueil de cinq nouvelles intitulé Cannibales. Quelques détails ici et sur son blog.
Et côté concerts, comme je n’en ai pas parlé récemment ? Plus que Giant Sand le 27 novembre, soit la veille de la signature de Christopher Priest. Les concerts de Howe Gelb et de son groupe sont parfois imprévisibles, mais toujours intenses, j’ai hâte d’y être. Pour conclure la rubrique, j’ajouterai juste que revoir Phoebe Killdeer sur scène un soir où on entre dans la salle avec le moral dans les chaussettes, comme je l’ai fait lundi dernier, c’est le meilleur moyen de ressortir en faisant des bonds partout et avec un sourire jusqu’aux oreilles. C’est déjà excellent sur disque mais ça donne une pêche pas croyable en concert. Ça aura été une de mes grosses découvertes de l’année. Ci-joint une vidéo du concert de lundi, pour la peine.
Contrairement à ce que laissait sournoisement entendre RMD dans les commentaires de l’entrée précédente, si j’avais disparu de la circulation, ce n’était pas parce que je faisais ma no-life sur la nouvelle extension de World of Warcraft. C’est parce que j’ai attendu une bonne semaine de récupérer ma connexion chez moi (c’est désormais chose faite, je me sens plus légère). Ce qui ne m’a pas empêchée de faire ma geek et d’emporter ladite extension pour l’installer chez mes parents. Je suis moins accro à WoW que je l’ai été à une époque, mais l’envie de découvrir l’extension dès le jour de sa sortie était trop forte.
Mais ce qui m’a le plus impressionnée pour l’instant dans cette nouvelle extension est venu de là où je ne l’attendais absolument pas. Je n’avais pas spécialement l’intention de tester la nouvelle classe des « chevaliers de la mort », d’autant que l’idée de commencer un personnage au niveau 55 ne me disait rien : ce que j’aime le plus dans ce jeu, c’est créer un personnage au niveau 1 et le regarder évoluer petit à petit. Surtout que 55, c’est à trois niveaux de l’arrivée en Outreterre, le continent de l’extension Burning Crusade dont je ne suis pas très fan. Mais on m’a conseillé de créer un chevalier de la mort juste pour l’ambiance du début. J’y ai passé quelques heures de jeu et je ne m’en suis pas encore remise. C’est tout simplement ce que j’ai vu de plus bluffant depuis que je joue à WoW, moins en terme de jeu que de mise en scène et d’immersion. Pour tout joueur qui a un peu traîné du côté des Maleterres vers le niveau 55 et qui connaît les grandes lignes des faits historiques du monde d’Azeroth, c’est particulièrement émouvant. Pour résumer grossièrement à destination des non-joueurs : on se retrouve dans la peau de l’une des créatures que l’on combattait précédemment et on revit certains événements vus du côté obscur. Les chevaliers de la mort sont les soldats morts-vivants de l’armée que veut lever Arthas le roi-liche – on commence donc le jeu dans une nécropole qui flotte au-dessus des Maleterres où l’on reçoit les ordres d’Arthas et de ses généraux. On nous forme à devenir une machine à tuer, une créature chargée de répandre la désolation et la contagion du Fléau. Je ne veux pas trop en révéler pour ceux qui y joueront plus tard, mais toute cette partie est remarquable. L’ambiance est terrible, les chevaliers de la mort ont un côté moins cartoon et plus inquiétant que les autres morts-vivants qu’on peut incarner dans le jeu, et surtout, on a moins l’impression d’être un joueur qu’un soldat de cette armée des morts en train de semer la désolation, d’autant que le décor évolue à mesure que le plan de conquête avance, ce qui n’est pas le cas d’habitude dans le jeu (pas dans cette façon en tout cas). Il y a une attention aux détails assez terrible. Je pense notamment à une quête toute simple où l’on nous demande d’entrer dans une prison pour y achever un prisonnier. L’astuce, c’est qu’il y a dans cette prison un représentant de chacune des races du jeu, et le prisonnier désigné appartient à la même race que le joueur et tente de le raisonner. Ma chevalière à moi étant une trollesse, on lui a fait exécuter un troll. Je ne sais pas pourquoi mais ça fait partie des détails auxquels j’ai pas mal repensé depuis, comme à des scènes d’un film, ce qui ne m’était jamais arrivé avec ce jeu. L’autre séquence qui me tourne pas mal dans la tête est un combat suivi d’une animation, assez impressionnants en termes de mise en scène, dont je dirai simplement qu’ils se déroulent dans un haut lieu des Maleterres que les joueurs connaissent bien.
D’ailleurs, l’annonce de la venue de Christopher Priest me permet une habile transition pour parler cinéma, puisque c’était de son roman Le Prestige qu’était adapté le film du même nom de Christopher Nolan, dont je suis allée voir The Dark Knight qui était précédé d’une réputation alléchante. Le Prestige m’avait un peu laissée sur ma faim, sans doute parce que j’avais du mal à me détacher du roman, dont le film s’éloignait parfois un peu trop à mon goût. The Dark Knight, en revanche, a été une grosse claque. Ça doit être la première fois de ma vie que j’ai les larmes aux yeux à la fin d’un Batman (je sais, ça surprend). On a beaucoup écrit sur l’interprétation hallucinée que fait Heath Ledger du Joker, mais j’avoue avoir moins été impressionnée par son jeu (excellent, je précise) que par le rôle quasi symbolique du Joker dans le film. J’ai adoré la façon dont il se définit lui-même comme « agent du chaos » : un type sans nom, sans histoire, presque une abstraction, qui pousse si loin la folie et se détache à tel point des règles humaines que rien n’a de prise sur lui. Le chaos incarné, pour ainsi dire, qui ne commet pas le mal par vengeance ou parce qu’il a souffert mais simplement par jeu, et parce qu’il se pose ainsi en reflet inversé d’un Batman prisonnier de son obéissance aux règles. Le film y gagne une dimension sombre et tragique qui m’a fait forte impression. Je crois qu’avec le deuxième Tim Burton, c’est le Batman qui m’aura le plus marquée. D’autant que j’aime assez l’interprétation de Christian Bale (je n’étais pas convaincue par Michael Keaton que je préfère mille fois en Beetlejuice, j’ai un souvenir très flou de Val Kilmer et je n’ai pas vu la version de George Clooney).