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J’écris de chez les barges

J’écris de chez les barges,
Les dingues et les paumés,
Les toujours à la marge,
Les pas comme il faudrait,

Ceux qui savent et se taisent,
Ceux qui n’osent exister,
Ceux que la nuit apaise
Et que le jour effraie,

Les jamais à leur place
Et rarement alignés,
Toujours à la ramasse
Et sans cesse en retrait,

Ceux qui savent le langage
De travers et de biais,
La voix du décalage
Et le verbe penché.

On voit bien mieux le monde
Depuis le bas-côté,
La diagonale féconde
Et l’envers singulier,

On parle mieux aux autres
En allant explorer
Ces peurs qui sont les nôtres
Et gouffres partagés.

J’écris pour nous, les barges,
Les seuls, les désaxés,
J’écris depuis les marges
Pour mieux vous retrouver.

En clin d’œil à la phrase de Virginie Despentes qui ouvrait King Kong Théorie  : « J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf.» Le lien avec mon billet précédent n’est pas entièrement fortuit.

 

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