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L’année commence, la chasse est ouverte

 

Nous voici donc de l’autre côté du réveillon, en l’an neuf (j’aime bien dire « l’an neuf », c’est un peu comme 2000, une année qui paraît promettre plein de changements) et il fait un froid à ne pas mettre un canard punk dehors. Ça tombe bien, j’ai de quoi occuper mes longues soirées d’hiver. En ce moment je les passe en compagnie de Dexter Morgan, flic et tueur en série, et je remercie ma frangine d’avoir eu la bonne idée de m’offrir la saison 1 en DVD. Encore une que je découvre longtemps après tout le monde, mais quelle claque. Quand j’ai commencé à regarder, je ne m’attendais pas du tout à ça. Je pensais que l’ambiance serait sombre et glauque, compte tenu du sujet, et voilà que je me retrouve face à une série plus mélancolique qu’autre chose. Il y a une tristesse sous-jacente, tout du long, qui est pour beaucoup dans mon attachement à la série. Et surtout, il y a ce personnage : Dexter qui est un monstre et qui n’y peut rien, mais à qui son père adoptif a appris à canaliser ses pulsions et à ne tuer que d’autres monstres, des criminels qui ont échappé à la justice. Mais surtout, Harry Morgan lui a appris à feindre la normalité à tout prix – et c’est là que la série devient passionnante. Dexter ne désire rien tant que devenir comme les autres, ressentir enfin des émotions qu’il est obligé de simuler constamment. Ça le rend extrêmement touchant. C’est un vrai tour de force que de faire éprouver une telle empathie pour un personnage de tueur en série. Il y a en plus quelque chose d’universel dans ses interrogations : on ne peut que s’y reconnaître. Lors des premiers épisodes, j’ai souvent eu l’impression que Dexter s’adressait à moi personnellement pour soulever à sa façon des questions sur lesquelles j’ai cogité, des choses que j’ai vécues, pensées ou ressenties, voire sur lesquelles j’ai écrit (je pense à ma nouvelle « Fantômes d’épingles » dans Notre-Dame-aux-Ecailles) – et je crois que c’est ça le plus fort, dans l’histoire, cette impression de proximité. Pourtant, je vous assure que je n’ai jamais tué personne, enfin pas que je me rappelle.

 

J’ai vu neuf épisodes, il m’en reste trois pour boucler la première saison, et je suis de plus en plus impressionnée. Notamment par la subtilité du propos et l’attention aux détails. Il m’a fallu un moment avant de remarquer de quelle façon le générique, qui montre simplement Dexter en train de s’habiller et de déjeuner, fait référence au traitement qu’il inflige à ses victimes. Un détail en particulier me fait froid dans le dos : quand on le voit enfiler un T-shirt, l’image renvoie à celle du plastique dont il les enveloppe avant la mise à mort. Je suis frappée aussi par la façon dont la série joue sur des échos extrêmement discrets. L’épisode neuf, que je viens de voir, est assez brillant de ce point de vue : le spectateur vient d’apprendre l’identité du tueur qui défie Dexter depuis le début de la saison en lui adressant des messages à travers les meurtres qu’il commet. Mais Dexter n’en sait encore rien. Une tension s’installe pendant tout l’épisode, simplement parce que les deux personnages s’y côtoient tout du long. On sait qu’il va se passer quelque chose et qu’un troisième personnage va sans doute en souffrir. On attend. Il n’y a pas d’effets particuliers, pas de musique inquiétante, rien de tout ça, mais on est scotché. Tout est au diapason, des intrigues secondaires à la progression des personnages. J’aime particulièrement la relation qui unit Dexter à son père adoptif – la seule personne à connaître sa nature –, dévoilée à travers des flashbacks récurrents.

 

Je suis impatiente de voir la fin de la saison et la résolution de l’intrigue. Je connais déjà une partie des révélations à venir, pour avoir lu un spoiler en cherchant des infos sur la série – mais je m’en fous, d’une part parce que j’avais un peu anticipé le truc, d’autre parce que l’essentiel n’est pas là. À tout hasard, parmi les gens qui passent ici et que je suis amenée à croiser à Paris, quelqu’un aurait la saison 2 à me prêter ?

 

Et pour bien commencer l’année, j’ai enfin ouvert la saison de la chasse aux appartements. Deux visites pour l’instant et trois programmées dans les jours à venir. Les deux premiers ne convenaient pas, je m’en étais doutée mais je voulais les visiter pour me faire une idée. C’étaient deux cas de figure totalement opposés. Chacun faisait 31m², ce qui me paraît une surface correcte. Évidemment, je ne cracherais pas sur un appartement plus grand, mais je doute de trouver ça à un prix abordable. Premier appartement : immeuble plutôt sympa, bonne surface et j’aimais assez la disposition de la chambre. Par contre, j’ai été dissuadée d’emblée par l’entrée, un couloir hyper étroit donnant sur une cuisine et une salle de bains microscopiques. Tout ça rendait un peu claustro, même si le reste était correct. Et globalement, feeling mitigé, d’autant que le papier peint beige et la décoration strictement fonctionnelle donnaient une ambiance tristounette (j’ai encore du mal à faire abstraction de la déco quand je visite, même si je sais très bien que je peux y remédier). La deuxième appart correspondait déjà un peu plus à mes attentes, mais comportait deux gros défauts que l’agence m’avait signalés. D’une part, l’immeuble était vraiment très mal entretenu. Pas forcément crade, mais plutôt délabré. D’autre part, l’appart donnait sur une cour avec vue sur un grand mur. Et c’est là que je me rends compte qu’après neuf ans passés dans un studio où la vue est inexistante, ce sera un critère déterminant. À part ça, j’aimais bien la pièce principale, un peu moins la chambre, l’ensemble était assez mignon (et décoré dans un style proche de mes goûts) mais ce n’était clairement pas le bon non plus. Je suis assez curieuse de voir celui que je visite demain, quoique je me demande s’il ne sera pas un peu petit (28m²). Je ne me rends pas encore bien compte des surfaces.

 

Je continue à tourner en boucle sur les mêmes questions existentielles – est-ce que je monte jusqu’au tarif maximal fixé avec le courtier, est-ce que je vise plus bas pour multiplier mes chances d’obtenir un prêt, est-ce que je trouverai un quartier qui me plaise autant que le 11ème, quel critère est prioritaire ou non, etc, etc – mais je suis contente d’avoir enfin commencé la chasse. En attendant, tout ça me donne une pêche pas possible. Un dimanche qui commence par un excellent épisode de Dexter (pléonasme) au petit déjeuner et se poursuit par un grand ménage de printemps en écoutant de la musique à fond et en réfléchissant à des questions sur la déco, l’ameublement et autres sujets liés aux déménagements, c’est plutôt chouette. Pourvu que ça dure.

 

  

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