Blog : catégorie Musique - page 2

Dix-sept instantanés

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J’hésite toujours à parler musique en ces lieux virtuels, malgré la place qu’elle occupe dans ma vie. Je ne suis pas sûre que le sujet passionne ceux qui passent par ici, et ceux d’entre eux qui me suivent sur Facebook en entendent déjà largement parler. Mais j’ai eu envie de partager cette sélection ici, ne serait-ce que pour en garder la trace.

Certains d’entre vous connaissent peut-être Le Cargo, ce webzine auquel je participe depuis une dizaine d’années en tant que chroniqueuse, intervieweuse et parfois comme photographe — voire comme cadreuse débutante préposée aux plans fixes sur quelques rares vidéos. Notre petit rafiot reste principalement connu pour ses vidéos, notamment ses sessions acoustiques dont la plus ancienne remonte à 2007. Parfois semi-improvisées, parfois plus cadrées ou plus mises en scènes, parfois réalisées dans un cadre promo assez strict ou bien au contraire nées spontanément à la suite d’une rencontre. Certains artistes nous ont fait confiance à plusieurs reprises, d’autres font parfois un passage dans les sessions de leurs amis et collègues.

L’envie nous est venue récemment de nous y replonger pour proposer chacun une sélection de nos préférées. De manière évidemment très subjective : personne ne les a toutes vues et des critères très personnels s’y mêlent parfois, entre le rapport qu’on entretient à certains artistes et le fait d’avoir assisté à certains tournages et d’en garder des précieux souvenirs. Après réflexion, j’ai retenu seize sessions, pour dix-sept vidéos : il a été impossible de départager les deux vidéos composant l’une d’entre elles tant la magie de cette session repose sur leur contraste.

Il y a ici des sessions qui m’ont prise par surprise et m’ont fait découvrir certains artistes — comme ce plan saisissant sur Shara Worden de My Brightest Diamond reprenant Nina Simone a capella. D’autres qui sont des souvenirs marquants — comme cette après-midi passée avec Demi Mondaine et leur entourage dans un troquet de Bagnolet, pour une session que des raisons techniques ont failli faire capoter cent fois mais dont le résultat s’est révélé magique. Certaines capturent parfaitement l’identité des artistes, comme celle de Lidwine que je trouve d’une grâce très émouvante, d’autres surprennent en les dévoilant sous un jour inattendu — j’ai beaucoup vu sur scène Robi ou Phoebe Killdeer, mais je ne les ai jamais vues capturées à l’image de cette manière.

Il y aurait une histoire à raconter pour chacune ; j’ai eu la chance d’assister à six d’entre elles et je regrette encore d’avoir dû renoncer à une septième pour de bêtes questions de timing. Mais toutes me sont précieuses, et je tiens d’autant plus à les partager avec vous.

PS : Pour ceux que le sujet intéresserait, la liste de mes articles écrits pour Le Cargo est consultable à partir d’ici.

Photo : Nadine Shah, (c) Mélanie Fazi

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“J’ai appris à ne pas rire du démon” (Arno Bertina)

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Profitant d’un regain d’intérêt pour la lecture que j’avais sérieusement délaissée ces derniers temps, j’exhume de l’étagère où il prenait la poussière ce roman d’une appréciable brièveté (150 pages) acheté sur les conseils de l’excellente librairie Charybde dont l’un des piliers (il se reconnaîtra) partage mon goût pour la musique, l’histoire du rock et ses figures légendaires. Ici, rien moins que Johnny Cash, saisi à trois périodes de sa vie et de sa carrière, à travers le regard de trois personnages différents.

De la première partie, racontée par un vendeur de Bibles croisant un « John R. Cash » encore inconnu, je ne pourrai pas dire grand-chose car elle m’a semblé si anecdotique que je n’en ai quasiment rien retenu. La deuxième m’est apparue comme beaucoup plus touchante. Le narrateur est ici un policier, grand fan de Johnny Cash, qui se retrouve une nuit chargé de le surveiller à son arrivée en prison. Mais c’est un homme en triste état qu’il découvre face à lui, un camé visiblement en manque chez qui il reconnaît à peine son idole. « Aux États-Unis, » ironise ce dernier sans se rendre compte qu’il radote, « plus de docteurs ont entendu, en décrochant leur téléphone, « Hello I’m Johnny Cash », que de fans lors des concerts. »

La troisième et dernière partie est celle qui donne tout son sel au roman – en tout cas pour ceux qui, comme moi, s’intéressent finalement plus à la musique elle-même. Il s’agit d’un monologue du producteur Rick Rubin, au moment où il s’apprête à travailler avec Johnny Cash sur une série d’albums dont ils savent tous deux que ce seront les derniers, car la mort approche. Exaspéré par ce qu’est devenu le personnage, englué dans les faux-semblants et les bondieuseries, il cherche à réveiller chez lui une forme de violence et d’âpreté perdues avec le temps, le confronte à d’autres figures célèbres que Cash ne connaît pas (Nick Cave, Joe Strummer) et lui promet que ses plus beaux albums sont encore à venir.

Cette partie-là, contrairement aux autres, égrène les références et les citations, de Bob Dylan à Will Oldham – dont Johnny Cash enregistra une reprise, « I See a Darkness », que j’avoue trouver infiniment plus bouleversante que l’original, peut-être par ce que la voix crépusculaire d’un homme au bord de la tombe lui insuffle de profondeur et d’émotion. C’est cette facette de Johnny Cash que la troisième partie donne à voir, et des souvenirs ou impressions d’écoute se superposent forcément à la lecture. Le monologue est nerveux, habité, porté par l’urgence de la situation, et l’on s’interroge constamment sur la part de réel et de fiction, sur cette voix dont on ne sait plus très bien si elle est celle de Rick Rubin ou d’Arno Bertina. Le texte n’est pas exempt de tics d’écriture (ces bouts de phrase en anglais qui sonnent parfois un peu faux), ni d’une certaine vision du rock qui frôle parfois le cliché (cette volonté de réveiller les démons, de refuser de croire à la rédemption perçue comme bondieusarde). Et si le roman m’a semblé déséquilibré dans ses trois parties, cette troisième et dernière se révèle un superbe hommage : à la musique, à un homme légendaire et un peu grotesque à la fois, comme tout un chacun, à l’acte de création lui-même. Un hommage qui donne une furieuse envie de se plonger ou replonger dans ces derniers albums. Car ce que décrit Arno Bertina, ce que Rick Rubin cherche à réveiller une dernière fois, c’est bel et bien le fantôme qu’on y entend.

Bonus track : note de lecture sur le blog de Charybde 27.

 

 

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Des sons en images, collection printemps/été

Le retour de la désormais traditionnelle rubrique consacrée à mes aventures musico-photographiques de ces derniers mois. Vous trouverez au sommaire de cet épisode estival :

 

Uncovered Queens of the Stone Age, joli projet d’Olivier Libaux consacré à des reprises mélodieuses et dépouillées du groupe de Josh Homme, ici en session acoustique puis en concert dans le cadre somptueux de l’Eglise St-Eustache (session, photos session, photos live).

 

White Crocodile, formidable groupe de scène que j’ai vu faire des progrès spectaculaires en live en l’espace d’un an, et qui vient de sortir un premier EP excellent (session, photos live).

 

Le circus swing euphorisant et chaleureux de Gabby Young and Other Animals (photos live).

 

Exsonvaldes et Fiodor Dream Dog photographiés dans le cadre d’une excellente soirée organisée au Divan du Monde par les Balades Sonores (photos live de l’un et de l’autre).

 

La précieuse et inimitable Shara Worden alias My Brightest Diamond en session acoustique, dont j’attends impatiemment le nouvel album à paraître en septembre (session, portraits).

 

Et enfin mon coup de cœur de ce premier semestre : Demi Mondaine, qui m’a impressionnée aussi bien sur disque (Aether ne me quitte plus depuis sa sortie) que sur scène et qui nous a offert une session acoustique hors norme qui fut un moment assez fort à vivre (chronique, interview, photos live, session, photos de tournage).

 

Pour écouter quelques-uns de ces groupes, rendez-vous sur l’entrée suivante.

 

 

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"Serpentine" en MP3

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Deux ans déjà que j’assistais, à Clermont-Ferrand, à un concert du compositeur Jérôme Marie au cours duquel un orchestre interprétait plusieurs pièces inspirées de ma nouvelle « Serpentine ». Le projet a fait son chemin depuis, et c’est avec une grande joie que je vous annonce aujourd’hui la sortie d’un mini-album reprenant ces six pièces instrumentales. S’y ajoutent deux titres bonus inspirés l’un du Rasoir d’Ockham de Henri Loevenbruck, l’autre de la nouvelle « Toxic » de Stéphane Desienne.

Ces morceaux seront disponibles plus tard au format CD mais depuis hier, ils le sont déjà en MP3. Il vous suffit de suivre ce lien où vous pourrez également écouter quelques extraits.

Je ne suis évidemment pas objective, mais je n’en reviens toujours pas du magnifique cadeau qui m’a été fait. Jugez plutôt.

 

 

 

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