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Souvenirs de Perdide

Jour de grande tristesse pour les fans de BD, de SF, et tous ceux qui auront comme moi découvert L’Incal ou Le Garage hermétique à l’adolescence, ou passé leur enfance à regarder en boucle le superbe dessin animé de René Laloux, Les Maîtres du temps (sans bien en comprendre la fin et son paradoxe temporel, ce qui ne rendait l’ensemble que plus fascinant). Moebius est décédé aujourd’hui à l’âge de 73 ans. Il y a des artistes d’une telle envergure qu’on a du mal à se rappeler qu’eux aussi sont mortels.

 

 

 

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Reines, dragons et présidents

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J’attendais l’annonce officielle pour en parler ici : ma prochaine nouvelle, intitulée « Les Sœurs de la Tarasque », figurera au sommaire de l’anthologie officielle des Imaginales à paraître chez Mnémos. Le thème de l’anthologie est cette année Reines et dragons. Elle est dirigée par Lionel Davoust et Sylvie Miller, et mon texte y côtoiera ceux de Chantal Robillard, Thomas Geha, Adrien Tomas, Anne Fakhouri, Justine Niogret, Pierre Bordage, Charlotte Bousquet, Vincent Gessler, Erik Wietzel, Mathieu Gaborit et Nathalie Dau. Une présentation plus complète est disponible sur le site des Imaginales.

 

Je suis très attachée à ce texte qui m’a obligée à sortir de ma zone de confort en délaissant le fantastique pour la fantasy urbaine. Ce n’est pas la première fois qu’un de mes textes flirte avec le genre, mais je l’ai abordé cette fois de manière plus frontale. Dès que Lionel et Sylvie m’en ont parlé, j’ai eu envie de relever le défi, et je me suis beaucoup amusée en cours de route.

 

 

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Quelques mots en passant sur une lecture marquante, bien qu’il m’ait fallu attendre les cent dernières pages pour décider dans quelle mesure j’adhérais au projet. Non pas que le 11/22/63 de Stephen King soit bancal ou ennuyeux. Mais on se demande tout du long quel est le véritable thème du roman, et si King réussira à relier tous les fils de manière convaincante. Non seulement il le fait bel et bien, mais la conclusion est magistrale. Il y a des longueurs, comme souvent chez lui, et il faut accepter de ne pas trop savoir où il nous mène. 11/22/63 n’est pas réellement l’histoire d’un homme qui retourne dans le passé pour tenter d’empêcher l’assassinat de Kennedy. Pas seulement, en tout cas, même si c’est l’un des fils conducteurs du roman. C’est avant tout l’histoire d’un homme qui apprend à vivre dans une époque qui n’est pas la sienne. C’est aussi une variation astucieuse sur le thème du voyage dans le temps, qui développe l’idée selon laquelle le passé refuse activement de se laisser modifier.

 

Surtout, c’est un roman profondément humain, comme souvent chez Stephen King. Un roman dont la dernière scène vous serre la gorge par son intensité et sa charge émotionnelle : une idée très simple, très belle, et pleine d’échos. Parfaitement logique par rapport aux thèmes développés, et totalement inattendue à la fois. J’ai été frappée également, comme dans les romans récents, par une manière très particulière de parler de douleur physique, qui fait forcément penser à l’accident dont King a lui-même été victime il y a une dizaine d’années. Certains passages sont très clairement écrits par quelqu’un qui sait ce que c’est de souffrir physiquement d’une manière qui laisse des séquelles durables. Le sentiment de violence faite au corps et à la dignité de l’individu est quasiment palpable.

 

Je n’irai peut-être pas jusqu’à dire comme beaucoup que 11/22/63 est le meilleur de ses romans récents. Mais il gagne dans ses cent dernières pages une dimension tragique qui m’a rappelé Misery et sa conclusion d’une tristesse infinie, jusqu’à la fulgurance de la toute dernière scène. Le voyage de Jake Epping dans le passé de l’Amérique est une belle aventure. Je ne peux qu’être admirative devant un roman dont la phrase la plus marquante, la plus emblématique et la plus riche de sens, tient en ces trois mots tout simples : « Dancing is life. » Et Stephen King est grand.

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Fantômes numériques

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Ainsi naissent les fantômes, le recueil de Lisa Tuttle que j’ai sélectionné/traduit/présenté pour Dystopia, n’était pour l’instant disponible que dans certaines librairies. Depuis hier, il est désormais disponible en numérique. Une nouvelle supplémentaire est offerte en bonus, intitulée « Le vieux M. Boudreaux ». Si vous possédez déjà le recueil en version papier, vous avez la possibilité de télécharger gratuitement cette nouvelle supplémentaire.

 

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site de  Dystopia.

 

Je profite de l’occasion pour annoncer les prochains événements auxquels je participerai. Le vendredi 9 mars, à partir de 20h30, je serai à la bibliothèque de Viroflay pour une rencontre publique. Entrée gratuite mais réservation conseillée, précise le  site de la bibliothèque. Et le dimanche 11, je participerai à la Journée du livre d’Asnières, de 14h à 18h. Une autre rencontre en bibliothèque se prépare en région parisienne pour début mai, je l’annoncerai plus en détail un peu plus tard.

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Sur l’édition, le numérique, le reste.

 

Je marche toujours sur des œufs quand j’aborde ici des sujets plus sérieux qui peuvent vite tomber dans l’exagération ou l’approximation. Mais comme pas mal de gens de l’édition, je suis assez inquiète de la tournure que prennent les choses ces temps-ci dans le domaine de la culture. Le Net et la numérisation offrent des possibilités formidables, mais les risques de dérapage sont énormes, et pas forcément là où on les attendrait. Pour ceux qui n’auraient pas entendu parler de la loi récemment votée pour la numérisation systématique d’œuvres indisponibles, ou qui souhaiteraient en savoir un peu plus, je vous renvoie à cet article qui détaille assez clairement les problèmes que pose cette loi. Ou comment une loi qui partait d’une bonne intention (rendre disponible des œuvres qui ne l’étaient plus) se fourvoie complètement dans la direction adoptée, en dépouillant au passage les auteurs de quelques droits élémentaires. Contrairement à ce que certains ont compris à tort, elle ne concerne pas uniquement de vieux livres tombés dans le domaine public et dont les auteurs sont morts depuis longtemps. Beaucoup d’œuvres récentes, parues avant 2001, sont concernées.

 

Je crois que ce qui m’inquiète le plus dans le climat actuel, c’est la confusion ambiante. À force de brandir la défense des artistes à tort et à travers pour justifier des aberrations comme Hadopi (qui n’a jamais aidé les artistes de quelque manière que ce soit, accessoirement), on finit par créer des amalgames dangereux. La levée de boucliers contre la loi mentionnée plus haut a été vue par certains comme un caprice d’auteurs pleins aux as qui cherchaient juste à s’en mettre plein les poches – ce qui fera ricaner toute personne connaissant un tant soit peu l’édition et la réalité de ce que gagnent les auteurs (c’est-à-dire trois fois rien pour la majorité d’entre eux). Depuis l’affaire Megaupload, j’ai l’impression de voir l’opinion publique évoluer dans le mauvais sens. De plus en plus de gens perçoivent le « marché de la culture » comme étant uniquement lié à de grosses sociétés accrochées à leurs privilèges. Sans penser aux innombrables petites structures ou artistes moins connus qui peinent à en vivre, et pour qui toutes ces questions ont un impact encore plus grand.

 

Le « tout gratuit » n’est pas une solution, la répression sauvage non plus. Mais il doit bien exister un entre-deux. Les habitudes de consommation ont radicalement changé depuis l’arrivée du Net, c’est désormais un fait indéniable. Il serait grand temps de revoir en profondeur tout un système devenu obsolète – mais tout semble pour l’instant évoluer dans le sens inverse. On se crispe sur des positions absurdes, on refuse de se poser les bonnes questions. Et on voit s’aggraver petit à petit la situation déjà précaire d’une bonne partie des acteurs de l’édition et du monde de la culture en général.

 

 

 

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Dystopiales, deuxième édition

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Alors, ces Dystopiales deuxièmes du nom ? Elles furent intenses et bien remplies. Rencontres et retrouvailles, dédicaces derrière une table et discussions impromptues dans les allées de la librairie Charybde, dépoussiérage de mon anglais, commentaires ébahis devant les illustrations que Stéphane Perger faisait naître sous nos yeux, et une double démonstration de Kindle en duo avec Lisa Tuttle qui en avait également reçu un pour Noël (vous ai-je dit à quel point, moi qui étais réfractaire au numérique, j’aime cet engin qui me permet de trimballer les 800 pages du 11/22/63 de Stephen King en version poids plume ?). L’occasion aussi de constater qu’Ainsi naissent les fantômes, le recueil de Lisa que j’ai sélectionné/traduit/présenté, continue à faire son petit bonhomme de chemin. Il vient d’être réimprimé et figure dans la présélection du prix Masterton et du Grand Prix de l’Imaginaire (catégories nouvelle, illustration et traduction). Je ne vais pas faire la blasée, ça me touche énormément. Depuis le départ, c’est bien plus qu’un projet de traduction ordinaire à mes yeux.

 

Je n’avais pas mon appareil photo pour immortaliser les dédicaces, mais l’indispensable René-Marc Dolhen avait heureusement apporté le sien (la série est visible ici).

 

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Pour se remettre de ce week-end riche mais épuisant, quoi de mieux que de trier des photos de concert jusqu’à pas d’heure, de préférence en compagnie d’un chat qui décide que 3h du mat est le créneau idéal pour jouer, car il est bien connu que les humains n’ont pas besoin de sommeil. Mais pour capturer les mimiques hallucinées de Phoebe Killdeer, et réussir pour une fois une ou deux photos en mouvement, ça en valait la peine. Le reste de la série est sur le Cargo.

 

 

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Lorsqu’on décide ensuite, pour réveiller la machine-à-créer-des-histoires qui s’anime de quelques soubresauts, de se replonger dans des découvertes musicales récentes, on se retrouve bien vite accro à d’improbables (et fabuleuses) reprises. Avouez que vous n’aviez jamais entendu Metallica comme ça.

 

 

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