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Des biscuits et des corbeaux

Comment faire quand on adore la période des fêtes mais qu’à deux semaines de Noël, on ne s’est toujours pas rendu compte qu’on était en plein dedans ? On peut toujours ressortir des vidéos de saison, comme celle-ci (ma chanson préférée du film) :

 

 

 

Ou décider, après avoir bien avancé le boulot de la journée, de réessayer une recette de biscuits de Noël déjà testée l’an dernier, avec quelques variantes – j’ai laissé tomber la fleur d’oranger, pas très pratique à manipuler vu qu’elle modifiait la consistance de la pâte, pour tenter une version citron/gingembre, en plus des versions cannelle et quatre épices déjà testées l’an dernier. L’avantage des recettes saisonnières, c’est qu’en un an, on a le temps d’oublier pourquoi on les avait laissées tomber depuis. En l’occurrence, passer plus d’une demi-heure à pétrir de la pâte qui s’émiette à répétition ou qui vous colle aux doigts, c’est sportif. En même temps, on peut vraiment dire que c’est du fait main. Il ne manque plus qu’une tasse de thé de Noël avec les petits gâteaux pour me sentir tout infusée de l’esprit des fêtes (en espérant que l’esprit en question aura la bonne idée de ne pas me rendre visite en trois exemplaires passé/présent/futur façon Dickens, mais ceci est une autre histoire).

 

D’ailleurs à propos d’histoires de fantômes, j’aimerais bien comprendre pourquoi, depuis que l’esprit de Noël commence à entrer tout doucement chez moi, j’ai des extraits du Corbeau d’Edgar Poe qui me tournent dans la tête. Peut-être parce que c’est le type d’ambiance que j’associe au conte de Dickens ou à ceux d’Andersen dont j’avais reçu un recueil pour Noël quand j’étais petite – sauf que Le Corbeau, je l’ai découvert l’an dernier en plein été et que ça n’a strictement rien à voir. Enfin si, ça se passe en décembre (« Ah, distinctly I remember it was in the bleak December », tout ça). Je ne suis pas sûre de comprendre tout le poème qui est quand même assez confus par moments, mais je suis fascinée par le jeu sur le rythme et les sonorités. Les premiers couplets ont quasiment le don de me mettre en transe. Donc, ça fait quelques jours que je suis régulièrement visitée par des bouts du poème, des « Quoth the Raven, ‘Nevermore’ » et autres « Darkness there, and nothing more » qui me traversent la tête à l’improviste. Notez que c’est plus original qu’en période d’Halloween. Le fait qu’il me soit revenu une vague envie d’écrire un texte autour de ce poème, comme je l’avais fait avec les contes d’Andersen, doit y être pour quelque chose (l’idée m’a traversée plusieurs fois mais n’a jamais abouti). Ou alors, c’est l’influence néfaste du Jack de la vidéo ci-dessus, ce serait bien son genre.

 

Note : à l’occasion, dresser la liste de tous les trucs que j’associe à Noël alors qu’ils n’ont strictement rien à voir. Exemple numéro un, le Penny Lane des Beatles, parce que ma sœur m’avait offert une compilation pour mon anniversaire quand j’étais ado, fin novembre, et qu’elle avait dû tourner en boucle pendant le mois de décembre de cette année-là. Ou une chanson d’Eleni Mandell, I believe in spring, que j’associe à l’euphorie des courses de Noël quand je prends le temps d’aller tranquillement me balader dans les boutiques (ce que je n’ai pas encore pu faire cette année). Rien à voir avec le sujet de la chanson, à peine avec son ambiance feutrée, le mystère est total. Je l’aurais bien incluse dans cette entrée mais ni Deezer ni YouTube ne la connaissent, les ignares. Ils ne savent pas ce qu’ils ratent.

 

Reste à entreprendre les courses de Noël dès que j’aurai un peu évacué le boulot en retard. Le truc, c’est que chaque fois que je passe devant un magasin de meubles ou de décoration, ce qui arrive assez souvent ces jours-ci, je me prends à rêver d’un espace à décorer et de plein de sous pour acheter des meubles (alors que je n’ai ni l’un ni l’autre). Plus précisément, à rêver d’un deux pièces plus clair que mon cagibi actuel, avec des murs où installer des étagères et bibliothèques. Je sens qu’il est vraiment temps que je me lance dans cette recherche d’appartement. Au bout de neuf ans passés dans le même espace, on s’en lasse forcément, mais plus on attend et plus l’idée d’un changement devient intimidante, surtout que je suis vraiment attachée à mon quartier. Bonne résolution pour 2009 : dans un an, j’espère habiter ailleurs. Dans un espace qui ressemblera plus à un véritable appartement qu’à une chambre d’étudiante attardée.

 

Pour rester dans les achats de Noël, s’il y a des gens de Paris et des environs qui ont envie de dépenser des sous en livres de SF/fantasy/fantastique, ça tombe bien, c’est samedi qu’auront lieu les Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres. J’y serai toute la journée, avec pas mal d’autres auteurs dont la liste est disponible ici. Ce n’est pas que j’aie la flemme de recopier, mais il y a beaucoup de monde et je vais forcément oublier plein de gens.

 

Je vous laisse, j’ai des biscuits pas trop cramés à goûter et un corbeau qui frappe à ma porte pour réciter des poèmes.

 

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Catherine et Jérôme passent à la radio

 


Lundi dernier, l’émission Salle 101 se transportait au Habibi, très sympathique bar à vin situé au 44 rue Traversière (donc à dix minutes à pied de chez moi, j’approuve) pour l’enregistrement d’une interview croisée de Catherine Dufour et de Jérôme Noirez. Comme peuvent s’en douter ceux qui connaissent Catherine et Jérôme, l’interview fut assez cocasse. Il y fut question notamment de biniou arménien, d’anémones de mer, du « bloop » et de poteaux à hauteur de couilles (© Catherine Dufour). Je suis morte de rire en la réécoutant. Sans compter que l’ambiance était très bonne – la fin de soirée se fond pour moi dans un flou légèrement éthylique, la faute au vin blanc du Habibi. L’émission est en écoute ici.


 

J’en profite pour rappeler (un peu tard) que c’est aujourd’hui à partir de 17h que Francis Berthelot signera son Petit cabaret des morts chez Scylla (8 rue Riesener). Toute personne résidant à Paris qui lira ces lignes a l’obligation de passer y faire un tour et d’acheter les bouquins de Francis. (Si si, y a un message subliminal planqué entre les lignes : Allez chez Scylla, je le veux.) Franchement, vous ne le regretterez pas, ses livres sont vraiment magnifiques.

 

À part ça, je m’apprêtais à poser des questions concernant les connexions wi-fi, adressées à l’assemblée de geeks qui passe dans le coin, mais j’ai eu la réponse alors même que je rédigeais cette entrée. Je suis en train de tester, un peu en avance, le PC portable tout neuf que j’aurai pour Noël et de vérifier que tout marche bien, et je me demandais s’il était possible de partager la connexion internet de mon PC fixe. Apparemment non, donc je vais me débrouiller autrement. À propos de geekitude, comme on a tous nos petits rituels, je considère que je m’approprie vraiment un ordinateur une fois que j’ai installé une photo en fond d’écran et que j’ai baptisé la bête. Pour des raisons qui m’échappent, mes ordinateurs ont toujours eu des surnoms qui étaient des titres de chansons contenant des prénoms. C’est peut-être parce que j’écoutais beaucoup Murder ballads de Nick Cave quand j’ai eu mon premier PC en 1996 que je l’ai baptisé Stagger Lee. Le deuxième, du coup, je l’avais appelé Crow Jane en clin d’œil au même album. Mon premier portable, acheté avec l’à-valoir d’Arlis des forains et qui commence à prendre un coup de vieux, c’était Pirate Jenny, du nom de ma chanson préférée de L’Opéra de quat’ sous. Pour le nouveau portable, le nom s’est imposé tout seul : Half Jack, du nom d’une chanson qui a pas mal tourné chez moi cette année pendant ma grosse période Dresden Dolls (à ce propos d’ailleurs : je viens d’apprendre qu’Amanda Palmer repassait à Paris en février, au Divan du Monde – joie, bonheur, y a juste mon portefeuille qui fait un peu la gueule).

 

(PS : Passez chez Scylla tout à l’heure et achetez du Berthelot, je le veux. Y aura à boire.)

 

 

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Howe et Lucie sont dans un Cargo

 

 

La minute narcissique du jour : c’est la deuxième fois que je me retrouve à faire de la figuration, aussi furtive soit-elle, dans une session Cargo et ça me fait bien marrer. La première fois, c’étaient deux secondes dans une des vidéos de la session This Is The Kit (ici, au début de We need our knees, avec Vinciane juste à côté). Cette fois, c’est dans la session Giant Sand dont je parlais hier. Ce n’est même pas tellement pour le côté narcissique que ça m’amuse, mais j’adore quand Renaud garde au montage des moments « off », juste avant ou juste après le début de la session : des bouts de dialogue, les artistes en train d’accorder leurs instruments… Ça pose l’ambiance et ça permet de fixer le souvenir de quelques moments. Ce qui m’a frappée dans le peu d’échanges qu’on a eus avec Howe Gelb, c’était le fait qu’il se rappelle clairement nos prénoms un bon quart d’heure après nous avoir été présenté. Donc ça m’a fait sourire de retrouver au montage ce moment où il nous présente à la choriste Lonna Kelley en montant dans le bus où la session a été filmée. Je me rappelais bien ce moment-là, mais avec d’autres images, forcément.

 

Drôle de moment que ces quinze ou vingt minutes passées à l’arrière du bus de tournée. Je ne me rendais pas vraiment compte de la situation. Autant j’étais intimidée pendant les présentations, autant pendant la session elle-même, j’étais surtout concentrée sur le manque de lumière qui me posait problème pour les photos, et sur le fait d’essayer de bouger le moins possible. C’est qu’on était à l’étroit, tous les quatre dans cet espace minuscule – avec Renaud qui filmait, Howe Gelb qui jouait et Cathimini du magazine Abus dangereux qui prenait ses propres photos. C’est grâce à Cathy, qui connaît bien Howe Gelb, que cette session a pu avoir lieu. Elle connaît bien l’équipe du Cargo et, en ce qui me concerne, je la croise régulièrement à des concerts depuis dix ans, vu que ses goûts musicaux recoupent en grande partie les miens, et elle a fini par devenir une amie.

 

Au cours de la session, Howe Gelb invite une de ses choristes de cette tournée, la canadienne Lucie Idlout, pour lui demander de l’accompagner sur un des titres, puis propose carrément qu’elle nous joue une de ses chansons. Au lieu de trois titres comme prévu, Renaud en a donc filmé quatre. J’ai toujours eu de Gelb l’image d’un type imprévisible dont les albums comme les concerts peuvent être aussi intenses que brouillons, mais aussi celle d’un passeur de talents. Giant Sand n’existe pas réellement en tant que groupe, c’est plutôt une formation à géométrie variable qui s’articule autour de Howe Gelb et de sa musique. C’est justement ce que je retiens de cette session autant que du concert : sa manière de mettre en avant les membres de son groupe, qui assuraient également la première partie avec leur propre répertoire. La rencontre avec Lucie Idlout a été un joli moment. J’ai beaucoup aimé sa voix, l’énergie qu’elle insuffle à des chansons folk autrement assez classiques, et aussi son côté espiègle pendant le concert – elle a passé cinq bonnes minutes, pendant l’un des rappels, à filmer ou photographier le public avec un appareil numérique. En descendant du bus, je lui ai soutiré deux photos posées, un peu timidement, ce que je n’avais pas osé faire avec Howe Gelb – lequel avait de toute façon disparu dans la nature pendant que Renaud filmait Lucie.

 

La session ne donne pas forcément une idée précise de ce que peut être la musique de Giant Sand, qui est de toute manière assez difficile à cerner d’après ce que j’en connais. J’accroche une fois sur deux, mais quand les albums sont aussi bons que le sublime Chore of enchantment (tendance mélancolique) ou que Is all over the map (tendance plus éclectique et énergique), on touche au grandiose. Plus le temps passe, plus j’écoute Giant Sand et mieux je comprends comment quelqu’un comme John Parish peut éprouver une telle admiration pour Howe Gelb. Je garde de cette session le souvenir d’un moment un peu plus froid que ce que j’ai pu vivre lors de sessions précédentes – avec Jesse Sykes notamment, que j’ai eu l’impression de redécouvrir ce jour où on l’a filmée au Père-Lachaise (la vidéo sera bientôt en ligne). Mais je suis vraiment ravie d’avoir partagé ce moment-là avec Renaud et Cathy.

 

Le reste de la session est visible ici, et mes photos de la rencontre .

 

PS : Le sac Totoro ci-joint appartient à Cathy. La classe, non ?

 

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32 ans, et après

Alors voilà, j’ai 32 ans. J’ai déjà entendu dire par des gens plus âgés que moi que la décennie 30-40 était celles qu’ils avaient préférée. Je ne peux pas en dire autant pour l’instant. C’est vrai qu’on se sent plus serein passé la trentaine, on se connaît mieux et on sait mieux vers quoi on se dirige. En contrepartie, on n’a plus forcément cette énergie de la vingtaine qui poussait à aller de l’avant, on commence à se demander ce qu’on est en train de faire de sa vie, et les problèmes non résolus prennent de plus en plus de place. Moi qui ai une tendance naturelle assez forte à l’introspection et aux questions existentielles (ne me dites pas que ça ne se voit pas dans ce que j’écris), je dois dire que la trentaine n’a pas aidé. C’était peut-être l’effet « anniversaire imminent » mais certains vieux problèmes ont refait surface ces dernières semaines, encore plus fort que d’habitude. J’avais l’impression d’étouffer et de me retrouver isolée sans pouvoir en parler, même quand j’étais bien entourée. Et puis j’ai fait le ménage dans ma tête lors de la semaine qui vient de s’écouler. J’ai commencé à en parler et à aller vers les gens, et par effet boule de neige, j’ai l’impression d’avoir reçu énormément de bonnes ondes en retour. Il y a eu des moments précieux au cours de cette semaine, des échanges, des gestes, des conversations avec des amis, qui m’ont donné l’impression de pouvoir à nouveau avancer. Du coup, j’ai abordé les 32 ans plus sereinement et je me sens beaucoup plus légère que je ne l’étais lundi dernier.

 

Un petit plaisir tout bête au cours de cette semaine : avoir eu, pour la première fois depuis longtemps, l’occasion de cuisiner pour des amis. Je dis en blaguant que ce sont mes gènes italiens qui se réveillent (ou ma Bree Van De Kamp intérieure, au choix) mais c’est quelque chose que j’adore : passer un moment tranquille dans ma cuisine en écoutant de la musique, souvent David Bowie pour des raisons qui m’échappent, et en pensant aux gens pour qui je prépare ces plats. J’adore le côté manuel de la cuisine, que je trouve vraiment apaisant, et j’aime plus particulièrement la faire pour les autres. Je n’en ai pas souvent l’occasion, ne serait-ce que parce que je reçois assez peu chez moi. Avec un peu de chance, ça va changer – une de mes résolutions pour l’année à venir, c’est de trouver un nouvel appartement, moins sombre et plus adapté à recevoir des gens. Un deux pièces plutôt qu’un studio, dans l’idéal.

 

Sinon, parmi les bons souvenirs de la semaine écoulée… Je m’apprêtais à poster un lien vers une session Cargo à laquelle j’ai assisté jeudi et dont la mise en ligne est imminente, mais ça fera l’objet d’une prochaine entrée. Il s’agit cette fois de Howe Gelb, le big boss de Giant Sand dont j’ai déjà parlé ici. Je présente généralement Giant Sand comme « le groupe dont est issu Calexico« , ce n’est pas exactement ça même si Joey Burns et John Convertino ont été la section rythmique de Giant Sand il y a quelques années. Pour les gens qui s’intéressent au même type de musique que moi, tendance folk/blues/country américaine, Howe Gelb est une pointure – un type pas forcément très connu, mais extrêmement influent, doublé d’un découvreur de talents. Au cours de la session, tournée à l’arrière de son bus de tournée, il a d’ailleurs invité une autre personne à le rejoindre, la canadienne Lucie Idlout qui assurait sa première partie ainsi que les chœurs pendant le concert. Jolie voix, jolie présence, joli moment. Je reparlerai de tout ça quand la session sera en ligne. Le concert au Point FMR m’a moins impressionnée que d’autres concerts de Giant Sand que j’ai pu voir, mais c’est toujours quelque chose de voir Gelb sur scène, avec son air pince-sans-rire, son charisme tranquille et sa voix magnifique.

 

À propos de vidéos sur le Cargo, on me souffle que l’interview filmée d’Amanda Palmer pourrait être mise en ligne cette semaine, et la session de Jesse Sykes au Père-Lachaise dont j’ai déjà parlé vers mi-décembre.

 

À part ça, je rappelle que c’est ce mardi que je participe à la table ronde « Que sont les monstres devenus ? » avec Charlotte Bousquet, Sire Cédric, Justine Niogret, Nicolas Cluzeau et Jean Marigny, ça se passe à l’Ecole Estienne (18 boulevard Blanqui, métro Place d’Italie), venez nombreux.

 

Et samedi, autre événement à ne pas manquer, la dédicace de Francis Berthelot chez Scylla (8 rue Riesener, métro Montgallet) à l’occasion de la sortie de son roman Le petit cabaret des morts. Le roman s’inscrit dans une série baptisée le « Rêve du démiurge » mais chaque roman peut être lu indépendamment des précédents, même s’ils se répondent pas un certain nombre d’éléments récurrents. Pour ceux qui ne le connaissent pas, en plus d’être quelqu’un d’adorable qui devient carrément lyrique quand il parle de catch ou de séries télé (c’est lui qui m’a convertie à Buffy il y a quelques années), Francis est aussi un sacré écrivain. Il écrit des choses belles et poétiques, souvent extrêmement poignantes. J’ai été très marquée par Rivage des intouchables, qui met en scène l’apparition d’une épidémie sur une planète où cohabitent deux espèces séparées par un tabou, et derrière laquelle on ne peut que deviner le spectre du Sida. Et aussi par Nuit de colère, et par Le jongleur interrompu dont la fin m’a tellement prise à la gorge que j’ai failli ne pas pouvoir le terminer. Il aborde des sujets graves mais ses textes ne sont jamais pesants pour autant, et son écriture est vraiment magnifique.

 

Pour finir sur une note saisonnière, est-ce que j’ai déjà parlé ici du CD de chants de Noël lovecraftiens de la HPLHS, A very scary solstice  ? Je pense que vous comprendrez le concept en allant jeter une oreille sur les extraits suivants : It’s beginning to look a lot like fish-men (que j’adore d’autant plus que la référence à la nouvelle « Le cauchemar d’Innsmouth », une de mes nouvelles préférées de Lovecraft, est transparente), The carol of the olde ones et Cthulhu lives. Plus de détails sur le CD ici. Personnellement, je suis fan.

 

Et à défaut de chambres d’hôtel ces temps-ci : autoportrait chez moi le soir de mes 32 ans.

 

 

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La nostalgie appliquée

 

Je parlais récemment de l’exposition « La nostalgie appliquée », qui met en parallèle des photos de mon amie Vinciane Verguethen prises à Belgrade et du photographe serbe Nebojša Babić prises à Paris. L’idée étant que chacun des photographes capture dans la ville de l’autre des images qui lui rappellent la sienne, de sorte que les deux séries se répondent en écho. J’ai enfin pu passer voir cette expo hier, en compagnie de Vinciane qui m’en a fait la visite guidée. Une impression m’a frappée en arrivant, pendant que j’attendais que Vinciane me rejoigne : face à certaines de ses photos, une impression d’évidence sur laquelle j’aurais du mal à mettre des mots. Je ressens ça régulièrement quand je découvre ses photos sur Flickr ou sur le Cargo, je l’ai ressenti de nouveau hier, par exemple quand je suis tombée en arrêt devant une photo pourtant toute simple : deux bancs, un pigeon, une étendue d’herbe, et il se passe quelque chose de très fort sans que j’arrive à expliquer quoi. Il y a vraiment quelque chose qui me touche profondément dans son travail de photographe, un regard particulier, un travail sur les couleurs, une lumière, une douceur, difficile à expliquer. Je crois qu’elle fait très clairement partie des gens qui ont fait évoluer mon regard sur la photo depuis l’an dernier. J’aime particulièrement ses portraits, et notamment ses photos posées de musiciens (quelques-unes de mes préférées – Alina Simone, Brisa Roché, Vic Chesnutt entre autres – figurent dans cette série pour vous en donner une idée).

 

Pour en revenir à l’exposition, la mise en parallèle des deux séries est particulièrement intéressante. Des lieux, des portraits, qui se répondent parfois de manière assez troublante. Je pense notamment à deux passants photographiés devant des murs couverts de graffitis, et aussi à deux portraits placés côte à côte, un homme photographié par hasard dans la rue à Paris, une femme en train de faire des photos de mode à Belgrade. On s’amuse à chercher des échos d’une photo à l’autre, certains sont surprenants, d’autres un peu plus superficiels, mais c’est toujours ludique. Pour l’anecdote, il semblerait que les photos de Nebojša Babić aient été prises au G9, mon appareil à moi que j’ai. Je crois que je ne me rends pas encore bien compte de ce dont cet appareil est capable.

 

L’exposition se tient jusqu’à début décembre au Centre Culturel de Serbie, 123 rue Saint-Martin, juste en face de Beaubourg. Vous pouvez déjà avoir un aperçu de l’exposition sur ce site – mais c’est forcément beaucoup mieux en vrai.

 

 

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