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Des notes et des silences

 

 Quand on griffonne ado ses premiers textes à l’encre bleue sur copie double, on n’image pas quelles occasions improbables en découleront plus tard. Voilà quelques années que j’ai été contactée par un certain Jérôme Marie, compositeur de son état, qui souhaitait écrire une musique inspirée par ma nouvelle « Serpentine ». Je savais qu’il avait déjà adapté les textes de plusieurs collègues, notamment de Michel Pagel qui m’avait dit avoir été très touché d’entendre en concert une adaptation de son roman Nuées ardentes. Forcément, j’ai dit oui.

Je vous passe la découverte émue des différents mouvements au fil des échanges de mails. J’en dirai simplement que cette musique m’a tout de suite parlé. Et puis ce samedi soir, me voilà invitée à Clermont-Ferrand pour assister à une représentation publique de ces morceaux. Le spectacle comportait différentes œuvres, dont deux pièces tirées de « Serpentine ». Un orchestre, une chapelle, et l’émerveillement de découvrir dans la salle de vrais instruments, de vraies partitions, un vrai chef d’orchestre. Ça paraît idiot, dit comme ça. Mais on ne se représente vraiment le tableau qu’une fois installé dans les fauteuils de la chapelle alors que le concert commence.

C’est étrange et beau d’entendre une musique inspirée de ses propres écrits. Un peu irréel aussi. On cherche le lien entre ces ambiances et les images qu’on avait en tête en écrivant. Parfois, ce lien nous échappe. Et parfois, ça nous tombe dessus d’un seul coup avec une grosse bouffée d’émotion. Hier soir, à Clermont, j’ai littéralement entendu la pulsion dont parle Joseph dans la nouvelle et qui est le moteur de sa demande à Nikolai. Je ne sais pas moi-même à quoi ressemble le motif abstrait de son tatouage, mais je l’ai entendu.

Jérôme Marie a un talent immense et des projets plein la tête. Il a également adapté des textes de Pierre Bordage, Ayerdhal, Henri Loevenbruck ou encore Carina Rozenfeld, et il ne va pas s’arrêter là. L’écoute des extraits disponibles sur son blog sera peut-être plus parlante que ce que je pourrais en dire ici.

Mais ce que je sais, c’est qu’il m’a fait hier un magnifique cadeau.

 

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Dans le train du retour, j’ai poursuivi une lecture commencée le week-end précédent dans un autre train, et qui n’est pas une expérience neutre. Vous connaissez cette sensation particulière quand on découvre chez quelqu’un qu’on connaît « dans la vraie vie » un talent dont on ne soupçonnait pas l’ampleur ? Voilà ce que m’inspire Noir sur blanc, le récit autobiographique de Ketty Steward paru tout récemment. Je savais que Ketty avait une histoire chaotique dont je ne connaissais que des bribes. Je savais que j’en apprendrais d’autres dans ces pages et que ce ne serait pas une lecture légère. Ce que je n’attendais pas forcément, c’est la justesse du ton, la pudeur et l’absence de complaisance, même (voire surtout) lorsqu’elle aborde les épisodes les plus douloureux de son histoire. Une enfance aux Antilles gouvernée par les règles rigides d’une communauté d’Adventistes du Septième Jour et régulièrement marquée par l’indifférence et la lâcheté abjecte des adultes. Noir sur blanc se présente comme une série de tableaux thématiques : chats noirs et cailloux blancs, nuits blanches et magie noire, robe blanche, tableau noir, pour dire une vie marquée par les contraires et les extrêmes.

Mon regard sur ce livre n’est forcément pas objectif. Mais dès les premières pages, il m’a impressionnée. Si je devais le rapprocher d’une autre (re)lecture récente, ce serait Histoire de Bone de Dorothy Allison. Deux livres très différents mais qui ont en commun la justesse avec laquelle leur auteur évoque sa propre histoire, et tout ce qui s’y dit entre les lignes.

« Quand le silence n’est pas un soutien pour les mots, quand il n’est que rideau, je l’exècre et je parle. Je l’exècre et j’écris. » (Noir sur blanc)

 

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Deux mondes parallèles

Si j’écris peu ici ces temps-ci, c’est aussi parce que j’écris beaucoup là-bas, sur ce petit rafiot cher à mon cœur. Et je ne suis pas sûre que le récit détaillé de mes aventures musico-photographiques passionne les gens qui traînent sur ce blog. Mais depuis la rentrée, la partie de ma vie qui n’est pas consacrée à la traduction ressemble surtout à ça :

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(Featuring Liesa Van der Aa et Françoiz Breut en session, Robi en interview, Lidwine en live.)

Cette année plus que d’autres, j’ai l’impression d’évoluer dans deux mondes parallèles qui ne coïncident jamais vraiment. Et je me rappelle avoir écrit il y a quatorze ans ma nouvelle « Matilda » pour cette raison : parce que tout ce qui touche à la musique est difficile à expliquer, et que je ne savais pas comment décrire aux autres ce que j’allais chercher dans les salles de concert. Alors pourquoi ne pas essayer de le capturer aussi en images ?

Depuis quelque temps, je me demande comment une année aussi joyeuse peut succéder à une année 2011 aussi morose. Tranquille en apparence mais riche en découvertes, en rencontres, en petites aventures improbables. Il y a eu peu d’années où je me sois sentie aussi vivante.

 (Introducing Liesa Van der Aa dont l’excellent premier album  Troops sort le 15 octobre.)

 

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"Serpentine" en concert

J’ai déjà parlé ici de la très belle adaptation musicale de ma nouvelle « Serpentine » par le compositeur Jérôme Marie. Il était question, depuis le début du projet, qu’il soit joué en concert : ce sera chose faite le 13 octobre, à la chapelle des Cordeliers de Clermont-Ferrand. Trois pièces inspirées de « Serpentine » seront jouées par un orchestre, ainsi qu’une adaptation de Sylvana de Michel Pagel, entre autres choses. Le concert sera gratuit et commencera à 20h30.

Dans l’après-midi, à 15h, je participerai également à une rencontre à la librairie Les Volcans, toujours à Clermont-Ferrand.

Que dire sinon que je suis impatiente, et forcément un peu émue. Découvrir ces morceaux chez moi, c’était déjà une belle surprise. Les écouter jouer par un orchestre, ça devrait être une expérience à part.

 

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Rentrée en numérique

Comment laisse-t-on un blog se taire pendant pas loin de deux mois ? Par flemme ou manque de temps, parce qu’il y a trop de choses à raconter ou pas assez, mais aucune d’indispensable. Embarras du choix, pourquoi mentionner tel événement plutôt que tel autre, pourquoi parler de L’Emprise plutôt que de Kairo (ma quête du film fantastique parfait se poursuit et les Japonais sont très forts en la matière), parler ou ne pas parler de tel album écouté, du temps passé sur The Secret World (l’opinion qu’on se fait d’un MMORPG varie beaucoup avec la pratique, mais celui-ci est éminemment sympathique et original), d’autres sujets plus importants ou plus insignifiants.

Et puis, de temps en temps, ça fait simplement du bien de tout éteindre, de couper le Net, de passer un mois d’août studieux à plancher au calme sur une énorme traduction (les mille pages de The Way of Kings de Brandon Sanderson dont je viens de boucler le premier jet). Profiter un peu du ralentissement général avant la frénésie de la rentrée, que je supporte de moins en moins. Et se rendre compte, un peu incrédule, qu’on vient de passer le cap des dix ans de traduction en indépendante.

Je sors le périscope pour annoncer quelques actus. Côté numérique, tout d’abord : Bragelonne continue la publication de mes nouvelles à la pièce, avec cette fois « Nous reprendre à la route » et « Matilda ». Deux des nouvelles que je tenais vraiment à voir sortir en numérique. Deux histoires axées sur un décor et une situation : pour l’une, une aire d’autoroute à la nuit tombée, pour l’autre, un concert où une jeune fan voit pour la première fois son idole sur scène. Trois autres nouvelles sont disponibles dans la même collection : « Serpentine », « Mardi gras » et « Villa Rosalie ». Côté salons, je participerai le 7 octobre à celui de Nieppe, près d’Armentières, puis en décembre au salon de Sèvres. C’est tout ce que je peux annoncer pour l’instant.

Vous aurez donc coupé, pendant ces deux mois, à toutes sortes de considérations musicales. Le hasard des découvertes et des rencontres fait que j’ai rarement autant écouté d’artistes français que cette année. Trois de mes coups de cœur de 2012 sont dus à des compatriotes : le splendide Vers les lueurs de Dominique A, l’attachante Fabrique de Maud Lübeck, et le très beau Songs of gold and shadow de Cleo T. (pas encore sorti officiellement chez nous mais déjà en écoute sur Bandcamp). D’un peu plus loin, j’aurai aussi écouté Mina Tindle, Lidwine ou encore Edward Barrow. Et puis, il y a quelques mois, nouvelle découverte en forme de grosse claque. Lors de la semaine où le Cargo s’est intéressé au projet Playing Carver dont j’avais parlé ici, le bassiste Jeff Hallam, qui joue également avec Dominique A, mentionne une session à laquelle il déjà participé pour le Cargo. Avec une chanteuse du nom de Robi, nous dit-il. Dans les jours qui viennent, je tourne en boucle sur les deux morceaux de la session et tout ce qui me tombe sous la main. Deux concerts ébouriffants et une interview plus tard, je crois que j’ai trouvé l’un des albums que j’attends le plus impatiemment pour 2013.

 

 

 

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