(Entrée postée sur MySpace le 01/07/08)
Je ne sais pas si c’est l’effet Twin Peaks/Amanda Palmer de la semaine dernière mais je viens de passer un week-end particulièrement space lors du festival du livre de Nice. Je crois qu’en matière de bizarrerie pure, on a battu des records – et pourtant, je vais avoir du mal à expliquer pourquoi. En tout cas, l’expérience aura suscité pas mal de fous rires avec mon voisin Pierre Pevel. Au passage, c’est toujours un plaisir de faire des salons et dédicaces avec Pierre : non seulement il est adorable, mais il me fait vraiment marrer quand il part en mode « nuisible » et qu’il en rajoute exprès dans la mauvaise foi – vous voyez le petit diable perché sur l’épaule du capitaine Haddock ? C’est pareil. Il faudra que je me penche un jour sur ses Lames du cardinal, le prologue et l’idée sont assez intrigants (et je garde un bon souvenir des Ombres de Wielstadt que j’avais lu il y a quelques années).
Sur le salon lui-même, rien à redire : organisation hyper efficace, libraires très accueillants, cadre très sympa puisqu’on était installés sous des tentes en extérieur. En plus, comme il y a beaucoup d’auteurs invités dont pas mal de vedettes (du style Richard Bohringer, Marc Lévy, etc), le festival fait les choses en grand. Inutile de dire qu’on a très bien mangé et qu’on était vraiment bien logés. Ce n’est pas souvent que je me retrouve hébergée dans des quatre étoiles et je n’en ferais pas une habitude même si j’avais les moyens, mais une fois de temps en temps, c’est agréable. Pour ce genre de raisons, j’adore prendre le petit déjeuner à l’hôtel alors que je n’en prends jamais chez moi, ça fait partie du truc (et encore, celui-là était beaucoup moins impressionnant que celui de l’hôtel de Genève où on avait logé pendant le Salon du Livre – et où j’ai vu pour la première fois de ma vie des sushi et de la soupe miso dans un buffet de petit déjeuner).
Donc, entre ça, le climat et les chouettes rencontres qu’on a faites sur place, c’était plutôt agréable dans l’ensemble. Sauf que, comme c’était la première fois que je venais à Nice et comme je n’ai quasiment jamais mis les pieds dans le coin, je ne savais pas à quoi m’attendre. La ville elle-même est plutôt belle, un peu chaotique au niveau architectural mais avec une variété intéressante. Par contre, l’aspect hyper clinquant et friqué m’a mise assez mal à l’aise. Je crois que j’ai rarement visité une ville où je me sente aussi peu dans mon élément (cela dit, j’admets que je n’en ai vu qu’une partie, et de manière superficielle). Note : la prochaine fois que j’irai voir mes parents, penser à feuilleter Le Tour de Gaule d’Astérix, je sens que le passage sur Nissa et la « Promenade des Bretons » me fera bien marrer.
S’est ajoutée à ça une bizarrerie ambiante assez difficile à définir mais qui a fini par prendre des proportions croquignolettes. Une de mes voisines, régulièrement invitée à ce salon, m’a dit que ça l’avait frappée elle aussi cette année. C’était surtout une succession de petits détails. D’abord des images juste un peu marrantes, comme ces deux femmes dont chacune portait dans ses bras un caniche coiffé d’une casquette – individuellement, je ne les aurais pas remarquées, mais le côté sœurs siamoises était rigolo. Ensuite, l’impression de voir défiler des personnages qu’on aurait crus sortis d’un film de Lynch ou de Fellini. Des dames âgées couvertes de bagues, de dorures et d’une couche de maquillage tellement épaisse qu’on aurait dit des gargouilles. Un type barbu de petite taille qui est repassé plusieurs fois devant notre table en parlant tout seul ou en tapant dans ses mains avant de s’éloigner aussitôt – là, j’ai vraiment eu un écho d’un film de Lynch sans retrouver lequel. Impression renforcée par le fait que j’ai croisé un jeune homme (tout à fait normal au demeurant) qui parlait un peu comme Dick Tremayne, le soupirant « tête à claques » de Lucy dans la deuxième saison de Twin Peaks.
Parmi les autres détails contribuant au décalage, je me rappelle aussi un type qui me demande en italien quelles sont mes origines, puis cherche à savoir comment me contacter et me demande si je peux lui donner mon numéro de téléphone vu qu’il n’a pas Internet (inutile de dire que j’ai esquivé le truc). Et un passant qui a jeté un coup d’œil aux Lames du cardinal de Pierre et formulé un commentaire sibyllin avant de s’éloigner, commentaire qui nous a pas mal intrigués – on en a conclu que soit un élément du contexte nous échappait, soit le type avait cru que le livre (un roman de cape et d’épées avec des dragons dedans) révélait des vérités cachées, façon théorie du complot. Dans d’autres circonstances, on se serait dit qu’on avait mal entendu. Là, franchement, on n’était plus à ça près.
À part ça, j’ai passé un très bon week-end (si si, sans ironie). Quoique un peu crevant – je ne sais pas pourquoi j’ai de plus en plus de mal à récupérer quand j’accumule du sommeil en retard et que je ne peux pas prendre ma journée du dimanche pour dormir et glander. Ce n’est quand même pas le double effet kiss cool de la trentaine ? On va dire que c’est l’accumulation. J’avoue que même si j’adore ça, j’ai hâte de voir arriver la fin de la saison des salons. Il faudra que je trouve un moment pour finir de trier mes photos de Nice, j’en mettrai sans doute quelques-unes en ligne sur mon site.
Je sais, je ne devrais pas être en train d’écrire une entrée de blog. J’ai du boulot en attente, une traduction à terminer (mais les finitions sont quasiment bouclées), une autre à faire avancer (ça ira mieux une fois l’autre traduction rendue), une nouvelle à terminer (je rame un peu, mais ça se construit petit à petit), j’ai perdu hier une journée de boulot à cause d’une interview dont je me souviendrai longtemps (voir ci-dessous) et ça fait deux semaines que je me promets de remettre à jour l’édito de mon site. Ce n’est pas tellement que je manque de temps (quoique), mais j’ai l’impression de me disperser. J’ai hâte d’avoir terminé tout ce qui n’est pas ma traduction en cours (Dime Store Magic de Kelley Armstrong) pour pouvoir m’y consacrer à fond. Le planning de signatures n’aide pas : j’adore ça, mais je ne peux pas m’empêcher de flipper en réfléchissant au nombre de jours de traduction que ça m’a fait perdre. Ça ira mieux quand j’aurai rendu cette traduction de Kelley Armstrong et que je pourrai souffler un peu.
Donc, le 21 juin, j’ai raté une journée organisée par mes potes du 
Ça commence à faire un moment que je me dis « Tiens, je posterais bien une nouvelle entrée de blog », et puis les jours passent, je vadrouille toujours pas mal, j’essaie de rattraper mon retard de traduction le reste du temps, et il y a toujours quelques concerts qui se glissent dans mon emploi du temps et n’arrangent pas les choses. Vous aurez donc échappé à diverses considérations sur le fait que j’aie revu Carrie dont je parlais récemment (suis-je la seule personne que ce film fait pleurer comme une madeleine ?), dévoré d’une traite deux bouquins de Nancy Huston et le dernier Benacquista toujours aussi jouissif, dégusté cidre et galettes à Saint-Malo pendant le festival Etonnants voyageurs où j’ai eu le plaisir de revoir pas mal de collègues ainsi que l’équipe de la librairie Critic où j’avais signé courant mars (sans parler de la fine équipe de Bragelonne avec qui on se déplace pas mal en groupe en ce moment : Pierre Pevel, Laurent Genefort, l’attachée de presse Leslie Palant, ainsi qu’Erik Wietzel qui nous a rejoints sur place). L’un des moments magiques, à Saint-Malo, a été de découvrir notre hôtel en bord de mer, d’écouter le bruit des vagues par la fenêtre de ma chambre le samedi soir, puis de prendre un moment pour aller me promener sur la plage le dimanche avant de rejoindre les lieux du festival. C’est curieux, mais moi qui n’aimais pas spécialement la mer du temps où j’habitais Dunkerque, je commence à y prendre goût depuis la trentaine. L’odeur et le bruit de la mer suffisent à me mettre de très bonne humeur en ce moment.
(Photo : Jean-Emmanuel Aubert)
A propos d’ActuSF, je saute du coq à l’âne pour signaler l’ouverture aujourd’hui d’une toute nouvelle librairie en ligne baptisée
Et donc, puisque je reparle de Jesse Sykes : j’attendais impatiemment, deux jours avant les Imaginales, un concert à l’affiche plutôt alléchante. Outre
Très beau concert d’ailleurs, quoique très bref. J’aime décidément beaucoup sa chanson Mexican summer (qu’elle interprétait avec trois micros différents, chacun produisant un effet de voix particulier). Quand au set de Jesse Sykes (dont les photos sont disponibles