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Who watches the Watchmen ?

Je ne peux même pas vous dire à quel point je suis soulagée par l’adaptation des Watchmen. Je ne sais pas comment le film sera reçu par les non-lecteurs de la BD, mais en tant que fan, à quelques réserves près, c’est un régal. Je sais que j’ai la larme facile au cinéma, mais j’étais carrément en larmes pendant toute la scène de l’accident qui crée le Dr Manhattan, tellement c’était exactement ça. Jusqu’à l’image de ce « système nerveux sur pattes » qui traverse le laboratoire et qui m’avait pas mal marquée à la lecture. Ben oui, les Watchmen, c’est sacré. J’espérais que le film serait réussi mais je ne m’attendais pas à une telle bouffée d’émotion en le voyant. Dommage que ça se casse un peu la gueule sur la fin.

Pour la peine, je fais un copier/coller du compte-rendu que je viens de rédiger pour le Cargo, en espérant qu’il tienne la route, vu qu’il est écrit à chaud à 2h du mat. Détail que j’ai oublié de préciser : j’ai trouvé les choix musicaux (Bob Dylan, Leonard Cohen, Simon & Garfunkel) assez pertinents par rapport au sens qu’ils prenaient dans le contexte de certaines scènes. 

Le compte-rendu, donc :

 

On l’espérait sans trop y croire, et pourtant : Zach Snyder se tire haut la main de l’adaptation la plus casse-gueule, la plus attendue et la plus redoutée de ces dernières années, celle de ce monument de la BD que sont les Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons. Un comics réputé inadaptable de par son ampleur et sa complexité. Une de ces œuvres qui laissent leur empreinte sur le genre et marquent durablement le lecteur.

 

 

Si l’intrigue délaisse certains développements et apartés qui faisaient la richesse de l’original, elle est d’une fidélité exemplaire. Le film s’attache à une poignée d’anciens « vengeurs masqués » dont la promulgation de la loi Keene a rendu les activités illégales. Certains se sont rangés, comme le Hibou, quadra binoclard ordinaire, ou Laurie, qui ne jouait à ces jeux dangereux que pour suivre les traces de sa mère Sally Jupiter, elle-même ancienne héroïne masquée. D’autres poursuivent leurs activités clandestinement, comme Rorschach, tueur psychopathe d’une effrayante lucidité. En enquêtant sur la mort de son ancien collègue le Comédien, Rorschach soupçonne l’existence d’un « tueur de masques » qui tenterait d’éliminer les anciens vengeurs masqués. Il comprend bientôt que la vérité est bien plus complexe… et bien plus effroyable.

 

L’histoire importe finalement assez peu ici, bien qu’elle soit passionnante en soi. Ce qui a rendu mythique le comics d’origine, ce sont d’une part le traitement extrêmement réaliste du thème du super-héros, appuyé par des extraits du livre de souvenirs écrit par le premier Hibou, la richesse de la construction et de la mise en scène, mais aussi l’ambiance désespérée que le film reproduit à merveille. Le contexte dans lequel s’enracine cette œuvre, parue dans les années 80, c’est celui du désenchantement, des idéaux perdus, de la mort du rêve américain. L’ombre du Vietnam, de Nixon et de la menace nucléaire y planent constamment. « Qu’est devenu le rêve américain ? » demande le Hibou en toute candeur. « Il s’est réalisé », lui lance le Comédien, cynique. Tout est dans cet échange. Les Minutemen, puis leurs successeurs les Watchmen, ont cru pouvoir changer le monde, et leurs idéaux leur ont explosé en pleine figure. Certains ont baissé les bras, d’autres ont poursuivi le combat avec des méthodes parfois douteuses. Alan Moore ne donne raison à aucun d’entre eux, mais soulève à travers leurs agissements des questions dérangeantes. « Who watches the Watchmen ? » demande un graffiti qui apparaît sur les murs tout au long de la BD, entrevu plusieurs fois dans le film – toute la problématique de l’œuvre est là. Où sont les limites lorsqu’on prétend agir pour une noble cause ?

 

 

Ce qui frappe dès les premières scènes du film, c’est un mimétisme visuel et sensoriel hallucinant. On a l’impression, littéralement, de plonger à l’intérieur des pages. Il transparaît de chaque image un profond respect et un véritable amour de l’œuvre originale. Certains plans paraissent même copiés à l’image près, sans que le résultat soit scolaire pour autant : il y a un souffle, une ambiance, une émotion, même le rythme reproduit celui de la BD. Il y a bien sûr des coupes, mais l’intrigue tient parfaitement la route ainsi, à quelques réserves près (nous y reviendrons). Le film est parsemé de clins d’œil à des éléments qui ont dû être supprimés, comme l’image quasi subliminale de cet adolescent qui lit des BD de pirates près d’un kiosque à journaux. Ou encore la citation furtive du poème de Shelley, Ozymandias. Le problème étant qu’on a parfois l’impression de voir un film fait par des fans pour les fans. Du coup, ceux-ci seront aux anges, mais le spectateur lambda risque d’être parfois perdu, là où le lecteur comblera spontanément les blancs de l’intrigue (l’absence d’explications sur la loi Keene par exemple).

 

 

À une erreur de casting près – Matthew Goode n’a pas la carrure nécessaire pour interpréter Ozymandias – les personnages ont à l’écran toute la présence qu’on pouvait espérer. Jackie Earle Haley est un Rorschach jubilatoire, véritable héros de l’histoire alors qu’il est aussi le plus fou et le plus dangereux. Le Comédien (Jeffrey Dean Morgan) est parfait de cynisme. Le couple formé par Laurie (Malin Akerman) et le Hibou (Patrick Wilson) est touchant par sa banalité même, incarnation de la naïveté la plus extrême ou lueur d’humanité dans un monde en déliquescence, selon le point de vue adopté. Billy Crudup est un Dr Manhattan effrayant et émouvant à la fois, monstre créé par accident, symbole patriotique malgré lui, quasi divinité qui observe une humanité qu’elle comprend de moins en moins. La scène de l’accident, justement, est l’une des plus intenses et des plus poignantes du film – sans qu’on sache vraiment si c’est un prodige de la mise en scène ou si le film joue sur nos souvenirs de lecture.

 

 

Seul gros reproche : une entorse assez conséquente au scénario, vers la fin, qui fait retomber le film comme un soufflé. C’était pourtant l’un des passages les plus attendus. Comme si Zack Snyder, d’un seul coup, hésitait à se colleter avec la scène la plus choquante, la plus spectaculaire, la plus inoubliable de l’original, celle qu’on avait reçue comme un coup de poing dans l’estomac. La solution adoptée tient la route en soi, mais elle perd en impact sur le spectateur – et sur les personnages. La dernière partie, du coup, retombe à plat. Dommage, car c’était quasiment un sans faute jusque là. Sans doute qu’on ne peut plus lire (et adapter) les Watchmen de la même façon depuis le 11 septembre. En l’état, Zack Snyder a déjà réalisé un bel exploit. L’impression d’immersion ressentie dès les premières images, surtout pour le fan de l’œuvre d’origine, fait de ces Watchmen une expérience à part. L’une des plus belles adaptations qu’on ait vues depuis longtemps.

 

 

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De l’écriture, du printemps et des Watchmen

 

Le magnifique acte manqué du week-end : partir deux jours pour un salon (à Bagnols-sur-Cèze en l’occurrence), embarquer son portable en se promettant de travailler sur place… et oublier chez soi la clé USB qui contient la traduction et la nouvelle en cours. Tout n’est pas perdu, j’avais sur mon portable le fichier contenant mes notes en vrac pour la nouvelle (pas la dernière version, mais l’essentiel y était), et j’ai pu réfléchir à quelques points de détail qui me posent problème pour la traduction. Sans rentrer dans les détails, je dois trouver des mots qui se lisent à l’envers comme à l’endroit, notamment pour des titres de chapitre qui se répondent en écho. Pour donner un exemple provenant de la VO : un chapitre s’appelle « Raw », un autre « War ». Et il y en a de beaucoup plus tordus. Ça produit un effet hypnotique assez déroutant quand on commence à lire tous les mots qu’on voit ou entend dans les deux sens. Au bout de quelques minutes, plus moyen d’en sortir. Et je n’ai pas encore tout résolu.

 

Je ne sais pas si c’est lié à mon nouveau portable, mais je n’aurais jamais cru que j’écrirais aussi bien dans le train. Evidemment, en première classe avec une prise pour brancher le portable, c’est tout de suite plus confortable. Mais c’était la première fois que je tentais l’expérience, alors que je traduis régulièrement dans le train. Je suis étonnée de la facilité avec laquelle le texte s’est mis en place. J’en ai écrit un bon tiers dans le train, un autre à l’hôtel, un paragraphe par ci par là, et je l’ai terminé hier en rentrant chez moi, jusqu’à 2h du mat. Il y a eu un de ces moments de grâce que l’écriture réserve parfois : dimanche matin, j’enchaînais les tasses de café derrière ma table de signatures en essayant de me réveiller, j’ai commencé à griffonner des phrases pour un passage que je ne savais pas trop comment aborder… et j’ai noirci trois pages sans m’arrêter, tout s’est mis en place d’un seul coup, c’était magique. Le problème pour ce passage en particulier n’était pas tant de le visualiser que de le ressentir. Et d’un seul coup, ça marche, on se sent pousser des ailes et la scène s’écrit quasiment toute seule – hier soir, je n’ai eu qu’à assembler mes notes dans le bon ordre pour boucler le texte. Je ne sais pas encore ce que vaut l’ensemble, mais je crois que je suis contente de ce que j’ai fait. Il y a six mois que je n’avais pas écrit une ligne, je ne pensais pas que ça reviendrait si facilement. Et ça fait un bien fou.

 

À part ça, salon très sympa, le premier depuis un bail. J’ai retrouvé pas mal de constantes. Le gros méchant coup de barre qui vous tombe dessus en fin de journée, sans commune mesure avec l’effort physique somme toute limité qu’on vient de fournir. Les collègues avec qui on sympathise et qu’on recroisera peut-être plus tard – ou pas. J’ai surtout vendu à des gens qui découvraient mes livres et que les couvertures ou le résumé avaient attirés, mais une rencontre m’a fait plaisir : une dame regarde les livres présents sur la table, s’arrête sur Notre-Dame-aux-Ecailles et fait un commentaire très spontané à sa fille, comme quoi elle l’a lu et beaucoup aimé – et elle comprend juste après que je me trouve juste derrière la table. Du coup, elle a pris Serpentine pour sa fille. Et parmi les moments improbables qu’on vit parfois dans ce genre de salons : au restau, on échange deux trois phrases avec un voisin de table qu’un de ses collègues venait d’appeler « Gérard« , et on percute seulement plus tard que le Gérard en question s’appelle Majax.

 

Dans l’entrée des locaux, je me suis arrêtée plusieurs fois devant une triple pancarte annonçant la sortie de l’adaptation des Watchmen : il y avait Rorschach, le Hibou et Laurie Jupiter. Et je me demandais à chaque fois si je compte ou non aller voir le film, si je l’attends impatiemment ou si j’appréhende le résultat. Des images de la BD me revenaient, des citations aussi, ces poèmes que cite Alan Moore et que j’avais découverts à cette occasion : le tigre de William Blake, l’Ozymandias de Shelley (« My name is Ozymandias, king of kings/Look on my works, ye Mighty, and despair! »). Je précise que j’ai une fascination frustrante pour la poésie de langue anglaise qui me pousse à mémoriser tout un tas de vers sans en connaître le contexte ni forcément en comprendre le sens, le plus obsédant de tous étant ce vers génial de T.S. Eliot découvert par le biais de Stephen King et qui me tourne régulièrement dans la tête depuis : « I’ll show you fear in a handful of dust ». Bref, les Watchmen font partie de ces œuvres qui divisent les gens en deux catégories : ceux qui l’ont lue et ne s’en sont pas remis, ceux qui ne connaissent pas et à qui on tente vaguement d’expliquer l’ampleur et la beauté de la chose. Si je dois aller voir le film, autant que ce soit dès sa sortie, avant de lire ou d’entendre d’autres avis. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, mais je suis intriguée, forcément.

 

Et sinon, le printemps approche, il fait un temps à ranger pulls et manteaux et à ressortir les jupes, à redécouvrir les joies d’un passage matinal à la piscine des Halles avant de commencer la journée de boulot, le nouvel album d’Eleni Mandell est plutôt chouette, le concert d’Elysian Fields a lieu dans une petite semaine, j’ai trouvé les couleurs de ma future déco et ça fait décidément un bien fou de se remettre à l’écriture.

 

 

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Instantanés du carnaval

Ça fait un bien fou de se retrouver au milieu d’une foule qui braille les chansons du carnaval pendant le chahut sur la place Jean Bart et de chanter avec elle. Même sans être déguisée, même sans prendre part à la bande, juste être là et laisser ces paroles que je connais par coeur depuis l’enfance sortir d’elles-mêmes. Une année, c’est décidé, il faudra que je me déguise. Je n’étais pas très à l’aise au départ, quand j’ai débarqué avec mon appareil photo sur une place Jean Bart pas encore très peuplée, je me sentais un peu voyeuse à prendre à la dérobée des clichés des gens costumés alors que je ne l’étais pas. J’avais oublié que les carnavaleux adorent ça, qu’ils prennent la pose et chahutent dès qu’ils voient un objectif, qu’il réclament parfois un bisou en échange de la photo et vous draguent gentiment au passage. On rentre chez soi avec des traces de maquillage plein la figure, des confettis dans les cheveux et des chansons plein la tête.

Je ne peux pas dire que je sois très attachée à la région dunkerquoise où j’ai passé mes vingt premières années. Mais j’aime profondément son carnaval. Je me sens nettement plus à ma place à Paris, mais le carnaval ne manque jamais de me rappeler que mes racines sont là.


 

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"Est-ce que t’as pas vu la bande ?"

 

Depuis quelques jours, je me passe cette vidéo en fond sonore et je suis toute guillerette :

 

Demain après-midi, c’est la bande de Dunkerque, celle-là même que vous voyez sur la vidéo, et j’irai y faire un tour avec ma soeur. La bande, pour les non-Dunkerquois, c’est le carnaval en plein air, par opposition aux bals qui ont lieu le soir en intérieur. Je serais bien allée voir celle de Malo-les-Bains dimanche prochain, dont je garde un bon souvenir (une de mes tantes habite Malo, on allait souvent manger des crêpes chez elle après le carnaval) mais je serai à Bagnols-sur-Cèze, près d’Avignon, pour un salon.


Le carnaval, je ne l’ai jamais vraiment fait, à part quand j’étais petite (la preuve en images, et j’ai eu aussi un costume de Fantômette qui rend très jalouse une de mes voisines de blog qui se reconnaîtra). Quelque part, ça m’intimide : c’est profondément lié à l’identité de la ville et de la région, et je ne m’y suis jamais sentie vraiment à ma place. Mais je me suis aperçue, devenue adulte, que le carnaval fait partie des rares choses qui me rendent fière de mes origines dunkerquoises. On grandit avec, on en est imprégné même quand on n’y participe pas. Récemment, un week-end où ma soeur me rendait visite à Paris, on s’est passé un CD du carnaval et ça nous a amusées de constater qu’on avait retenu dès l’enfance pas mal de paroles sans forcément en comprendre le côté grivois. C’est du grand n’importe quoi, le répertoire du carnaval, c’est souvent assez vulgaire et au ras du caniveau, assez misogyne aussi (y a quand même une chanson qui dit « Si tu veux pas que ta femme t’emmerde, te marie pas, te marie pas ») mais ça me fait vraiment marrer. Quand j’ai visité La Nouvelle-Orléans en période de carnaval, j’ai retrouvé là-bas le même esprit. Pourtant, les traditions sont différentes. A La Nouvelle-Orléans, il y a les chars, les parades, le lancer de perles, et les costumes sont réservés au jour (férié) de Mardi Gras. A Dunkerque, il y a plutôt un grand chahut costumé, les chansons, le lancer de harengs par le maire depuis l’hôtel de ville, les immenses parapluies qui émergent de la foule, les déguisements faits de bric et de broc, les « classiques » comme les zoulous ou les hommes déguisés en femmes, etc. Mais en Louisiane, j’ai retrouvé ce sentiment de voir une région vivre pendant quelques semaines au rythme des festivités. Eux aussi, là-bas, grandissent avec ça dans le sang. Des images me reviennent en vrac depuis quelques jours. Une copine de fac, carnavaleuse acharnée, qui séchait les cours chaque lundi matin après avoir enchaîné le bal et la bande et qu’on voyait revenir crevée mais contente avec des paillettes dans les cheveux. Le costume que s’était fabriqué mon cousin avec des peluches données par ma soeur et moi, et dont on n’avait plus l’utilité, qu’il avait cousues sur un grand manteau rose. Ou une autre copine de fac répondant à notre prof d’italien, qui lui demandait quel était son costume : « Je ne peux pas le dire, je fais de l’intrigue ». Le principe de l’intrigue étant de se déguiser de manière à être méconnaissable pour pouvoir entre autres aller embêter incognito les gens qu’on connaît.


Enfin bref, je n’irai qu’en spectatrice, j’essaierai de prendre des photos, mais je suis impatiente. J’ai des bribes de chanson du carnaval qui me tournent dans la tête depuis une semaine.


A part ça, je viens de finir la saison 2 de Dexter. J’ai adoré mais je garde une préférence pour la précédente. La deuxième saison vaut surtout pour l’évolution du personnage, toujours aussi passionnante. Il y a d’autres aspects que j’ai trouvés un peu crispants : le personnage de Lila qu’on a envie de baffer en permanence, et aussi l’aspect brouillon du final qui part dans tous les sens et offre une solution un peu trop pratique au dilemme que se posait Dexter par rapport au respect ou non de son code. Je m’attendais à un deus ex machina, la situation étant inextricable, mais la solution choisie m’a fait tiquer. Ça reste vraiment excellent et ça me donne très envie de commencer la saison 3. Mais je n’ai pas tout à fait retrouvé l’éblouissement constant de la première saison, dont l’intrigue était en plus un modèle de construction. En règle générale, je m’intéresse beaucoup plus aux personnages et aux ambiances qu’aux intrigues proprement dites, mais il y a un plaisir particulier à voir les éléments d’une histoire magnifiquement ficelée s’imbriquer comme les pièces d’un puzzle. J’avais connu un éblouissement similaire, dans un autre genre, à la lecture du troisième Harry Potter, Le prisonnier d’Azkaban, dont l’intrigue est un modèle de construction. Et il y avait dans l’affrontement de la première saison de Dexter quelque chose de vraiment poignant, un sentiment de tragédie inévitable, qui manque un peu à la deuxième. Cela étant, je l’ai regardée avec autant de plaisir.


Et sinon, ces jours-ci, je suis une éponge et j’adore ça. James Morrow n’avait-il d’ailleurs pas démontré dans Notre mère qui êtes aux cieux que Dieu est une éponge ? Mais je m’égare. Ce que j’appelle « être une éponge », c’est entrer dans cet état d’esprit particulier où tout ce qu’on voit, tout ce qu’on entend cherche à s’agglutiner pour former une histoire. J’ai enfin trouvé le point de départ de la nouvelle qu’on m’a commandée. Tout s’est mis en place assez rapidement, reste à trouver quelle forme donner au dénouement. Je sais ce qui s’y passe, je sais vers quoi doit tendre tout le texte, reste à trouver comment le mettre en scène. Tout est né en musique, pour changer. Depuis l’an dernier, je suis de nouveau dans une de ces phases où chaque texte s’associe spontanément à une chanson. Le jardin des silences, c’était clairement Rodeo Town des Kills. Chanson pour la chimère, c’était Feathers de Marissa Nadler. Dragon caché, c’était The Gardener des Dresden Dolls. Cette fois il y en a plusieurs, mais elles sont liées. Je dirais simplement, ce qui ne surprendra personne, que la première graine a été semée lors du concert récent d’Amanda Palmer. En tout cas, ça fait un bien fou de retrouver cette impression de mouvement. J’espère réussir à régler très vite la question du dénouement pour me mettre à écrire. Le gros coup de barre de ces derniers temps s’éternise mais l’énergie est revenue la semaine dernière (Magné B6 est mon ami). Je crois que j’entre dans la saison de l’année la plus propice à l’écriture. Pourvu que ça dure.


 

 

 

 

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