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De l’interdiction de s’arrêter

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Une fois n’est pas coutume, envie de recopier ici tel quel ce texte publié l’autre jour sur Facebook, sur un coup de tête, et qui semble avoir trouvé des échos chez pas mal d’autres personnes, si j’en crois le nombre de commentaires, messages et témoignages que j’ai reçus depuis. Une réflexion que je me suis souvent faite ces quinze dernières années, et qui semble de plus en plus vraie. La façon dont on “consomme” la culture à l’heure actuelle, avec la notion d’immédiateté qui l’accompagne, ne fait à mon sens qu’accentuer les choses.

Pas mal de questionnements ressortent en cette semaine doublement symbolique pour moi, entre la réduction prochaine des doses du médicament qui m’a permis de tenir debout depuis le burn-out de l’automne dernier, et l’arrivée de l’étape que j’ai tellement attendue pendant ces neuf mois : celle où je n’ai plus ni projets en attente, ni chroniques ou interviews à préparer, ni nouvelles ou articles à écrire pour une date fixe, “juste” la traduction en cours, soit le boulot qui paie les factures et auquel je vais donc réellement pouvoir me consacrer à temps plein.

Je me dis qu’il faudrait un jour écrire noir sur blanc à ce sujet, mais je trouve de plus en plus insidieux, dans les métiers de la création, l’interdiction qui nous est faite de nous arrêter. Pas seulement pour des questions financières (rappelons que les indépendants n’ont ni congés payés, ni droit au chômage), mais une idée bien ancrée dans les esprits selon laquelle un artiste doit créer tout le temps, sans exception. Le pire étant pour moi la façon dont on finit par l’intégrer, en se disant que “les autres y arrivent”, que “c’est moi qui suis incapable d’assurer”, jusqu’à ce que la corde sur laquelle on tire finisse par lâcher. Au point que je me retrouve gênée d’admettre, quand on me pose la question, que je n’ai pas écrit de nouvelles depuis “La clé de Manderley” en août dernier, avant de me rappeler qu’il y a de très bonnes raisons à ça (projets chronophages, énergie réduite et nécessité de privilégier ce qui payait les factures). Au point que je suis gênée d’avouer que je ne veux pas envisager la reprise de l’écriture avant au moins l’automne. Parce que “faire une pause”, “recharger ses batteries”, vivre un peu entre deux textes en essayant de ne pas s’épuiser, ce n’est pas une réponse recevable.

Sans doute qu’on n’est pas égaux face à l’énergie qu’on est capable d’injecter dans la création, et sans doute que j’y suis plus sensible depuis l’an dernier. Mais je songe de plus en plus qu’il y a là une forme de tabou qui peut miner autant que la précarité associée à ces métiers. Sentir qu’on passe pour une feignasse quand on cherche simplement à trouver comment avancer au mieux n’est pas toujours très agréable. Et j’aimerais sincèrement comprendre un jour pourquoi, dans l’esprit des gens, l’idée même d’une pause passe pour de la paresse ou un caprice dès lors qu’on a fait le choix d’un chemin passant par la création. Et pourquoi, à force de se faire (plus ou moins gentiment) vanner sur le sujet, on finit par y croire soi-même.

 

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Dédicaces aux corneilles

Tampon corbeau

Un point rapide sur les dernières dédicaces de la saison avant la pause estivale.

Ce samedi 21 juin, je participerai aux “Rencontres de l’imaginaire” organisées par le club Présences d’Esprit, qui se dérouleront de 14h à 18h au Dernier Bar Avant la Fin du Monde (1er et 2ème sous-sol, me souffle-t-on).

Début juillet, ce sera Japan Expo où Bragelonne aura un stand. Je serai présence le jeudi 2 de 24h à 16h en compagnie de Samantha Bailly, et le dimanche 5 de 11h à 13h avec H.V. Gavriel.

Un peu plus tard, à la rentrée, je participerai de nouveau au très chouette festival Scorfel de Lannion, dont j’ai déjà parlé ici et (26-27 septembre).

Pour plus de détails, n’hésitez pas à vous reporter à l’Agenda de la page d’accueil.

Je serai munie pour l’occasion de mon attirail de dédicaces tout neuf : cartes de visite gracieusement offertes par Bragelonne à ses auteurs, tampon encreur commandé tout spécialement à la talentueuse Amandine Labarre, auteur notamment de la superbe couverture du Porcelaine d’Estelle Faye pour n’en citer qu’une. J’en profite pour vous signaler la boutique en ligne d’Amandine où vous trouverez des cartes, bijoux, tampons et autres bibelots en édition limités fabriqués avec amour. Outre ce tampon-corneille créé pour l’occasion, j’ai également fait l’acquisition d’un autre tampon en forme de citrouille, ainsi que d’un de ses adorables petits esprits gardiens à tête de renard qui me faisaient de œil depuis un moment déjà.

 

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Plus je vieillis et plus je prends en horreur les éloges funèbres. On ne peut pas résumer en quelques phrases bien nettes le tourbillon d’émotions compliquées qui vous prend à l’annonce de la mort de quelqu’un, parce qu’il n’y a jamais uniquement de la tristesse comme on voudrait le croire, et parce que ce tourbillon-là, après tout, ne regarde que nous. Mais je vois mal comment je pourrais ne pas parler ici de Graham Joyce. Ne serait-ce que parce que mes douze années de traduction n’auraient pas été les mêmes sans lui, et qu’après Lignes de vie plus rien n’a été pareil. On ne partage pas plusieurs mois de sa vie avec un roman comme celui-là sans grandir un peu au passage.

Les souvenirs qui remontent après l’annonce sont toujours surprenants ou incongrus : une chanson de Kate Bush qui me tourne dans la tête parce que Graham était fan et que nous avions eu une conversation de groupies dans un train Paris-Arras en compagnie de l’équipe Bragelonne ; une improbable fête de lancement virtuel sur son mur Facebook pour son dernier roman, paru pendant sa maladie ; une soirée de fous rires ininterrompus lors d’un repas mémorable à Bruxelles vers 2001 avec d’autres amis traducteurs et auteurs ; et puis un moment que j’avais oublié, le même jour ou la veille, je venais de le rencontrer sans l’avoir jamais lu ou si peu, et lors de ma toute première table ronde qui se passait plutôt mal, je m’accrochais au regard bienveillant de Graham, au premier rang du public, qui percevait visiblement que je me décomposais de trouille derrière cette table.

Le reste n’appartient qu’à moi et je n’aurais pas les mots pour le décrire. Le monde vient de perdre un écrivain unique, c’est une putain d’injustice, ça l’est toujours, mais celle-là est amère. Je connaissais moins le bonhomme que l’écrivain, je crois que c’était quelqu’un de bien, et je prends à peine conscience de la dette que j’avais envers lui.

Restent ses livres. C’est peu et immense à la fois. J’ai eu le privilège d’être sa voix française pour quatre d’entre eux et c’est un des plus beaux cadeaux qu’on m’ait faits dans ce métier.

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Attention : travaux

Attention : travaux

D’ici quelques semaines, ce blog est appelé à déménager. Si tout se passe comme prévu, il devrait être intégré à mon tout nouveau site en cours de fabrication, l’ancien site, créé fin 2005, ayant fait son temps. La date de lancement du site est encore floue, mais il devrait être opérationnel avant la sortie du Jardin des silences prévue pour le 22 octobre.

Quant au recueil lui-même, la phase des corrections est terminée (comme en atteste cette photo de mon assistante en plein travail) et je devrais bientôt pouvoir dévoiler la couverture finalisée. Ce n’est rien de dire que je suis impatiente de vous la montrer.

À J-40 et des poussières, je redécouvre le mélange de surexcitation et d’appréhension qui précède la sortie d’un nouveau livre, le moment où son existence devient quasi palpable mais où son histoire particulière n’est pas encore écrite.

Avant même avant la date de sa sortie, octobre sera un mois bien rempli. Du 16 au 18 octobre inclus, je serai à Rennes pour participer au festival Court-Métrange en tant que membre du jury – une nouvelle expérience à ajouter à la liste des choses à tester au moins une fois dans ma vie. Le week-end du 25 et 26, ce sera au tour du festival Scorfel (rappelez-vous, celui où l’on dessine des Pyramid Head kawaï sur les nappes). Et du 30 octobre au 1er novembre, je ferai un passage aux Utopiales de Nantes.

Côté écriture, une longue nouvelle a vu le jour pendant l’été, qui devrait si tout va bien paraître début 2015. Et un projet collaboratif assez particulier, étroitement lié à la musique, et dont je ne peux évidemment pas encore parler, devrait pas mal m’occuper cet automne entre deux traductions et deux salons.

J-40 et des poussières. Le compte à rebours continue.

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Écrire le genre

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Tout a commencé par une discussion sur Facebook, sans doute autour d’une série télé, comme ça se produit souvent. Et plus précisément, autour de la représentation des personnages féminins. Sujet pour lequel se passionne Célia Deiana (dont vous pouvez lire les nouvelles au sommet de diverses anthologies), ce qui l’a poussée à rédiger plusieurs articles de blog autour de cette vaste question. Le premier consacré à la défense du personnage de Sansa Stark de Game of Thrones, vision que j’ai trouvée très pertinente bien que j’aie lâché la série au début de sa deuxième saison. Le suivant, à la figure emblématique d’Ellen Ripley dans la série des Alien.

 

Et puis un dimanche, de fil en aiguille, Célia me propose de développer pour son blog un article sur mon rapport à la création de personnages féminins. Je commence par répondre que je n’y ai jamais réfléchi, que je ne suis pas sûre de savoir en parler, que ça touche à trop de choses à la fois. Quelques heures plus tard, cet article était né. Un grand merci à Célia pour ces échanges et pour son invitation.

 

(Photo non contractuelle, mais Orphan Black est une mine de personnages féminins très réussis et loin des stéréotypes.)

 

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